Selon une étude récente, les Algériens regardent moins la télévision
et font plus d’enfants. Merci qui ?
Merci Sonelgaz !
Je ne sors pas de chez moi ce jeudi. Pas question de pointer le bout de mon
museau dehors un 11 septembre. D’abord à cause des avions. J’ai mis tous
mes sens aux aguets. Et dès que le vrombissement de l’un d’eux se fait plus
proche, plus menaçant, je cours me réfugier dans la cave de l’immeuble.
Ensuite, y a les incendies. Et ne me dîtes pas que c’est dans la montagne.
J’ai le balcon tout plein de cendres. Ensuite, y a les histoires de puces
identifiées ou non. Je ne veux pas sortir pour me faire épingler par une
brigade mobile chargée d’alpaguer les détenteurs de puces taïwan. Y a
ensuite les risques d’accidents de la circulation. Les chiffres étaient déjà
vertigineux avant le carême. Là, c’est carrément le cancer et la métastase.
Ils sont devenus fous ! Y a ensuite le risque de me faire mordre par un mouton
atteint de la peste. Ces bêtes-là, depuis que j’ai appris que nos frères
ennemis marocains nous les envoyaient en sous-marins, à travers la frontière
comme arme bactériologique dissuasive, j’ai décidé de ne plus les croiser,
même pas dans mon assiette. De toutes les façons, avec mon cholestérol, le
mouton marocain ou djelfaoui m’est interdit. Autre motif à mon cloisonnement,
éviter de passer devant une agence Sonelgaz. Je risque de commettre l’irréparable,
car depuis que le patron de cette boîte nous jure, la main sur le compteur, que
les coupures actuelles ne sont pas du délestage, j’éprouve un véritable «détestage»
pour cette entreprise. Autre raison à mon auto-internement, la volonté
patriote de ne pas alarmer mes concitoyens. Tant que je reste à la maison, ça
va. Mais si je sors, je serais obligé de leur dire à tue-tête que le prix du
pétrole dégringole et que nous allons être bientôt pauvres, leur faisant
tout de même remarquer au passage que les cours du brut chutent bizarrement à
chaque retour d’Ouyahia à la tête de l’exécutif. Voilà ! Je ne suis là
pour personne ! Et si malgré toutes ces précautions, je reçois quand même un
avion sur la tête, j’ai pris soin le 10 septembre de poster une lettre à
l’attention du réseau Voltaire avec mention écrite bien évidence : «Ne pas
ouvrir avant le 12 !» En attendant, l’oreille en alerte, la clim à fond et
une provision de piles alcalines en face de moi, je fume du thé pour rester éveillé
à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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