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3e mandat pour Abdekka. Le MSP n’a pas encore dit Oui.
Mais il a …
…dit Naâm !
Maintenant que le «suspense» électoral le plus haletant, depuis la succession
d’Andropov par Tchernenko à la tête de l’URSS, a été levé par H’mimed, il nous
faut vite passer aux choses sérieuses. Très vite, car ce n’est pas tout
d’annoncer que Boutef’ va se présenter à la présidentielle contre Abdekka, afin
que l’alternance démocratique soit respectée. Encore faut-il régler d’épineux,
d’importants et capitaux points à l’ordre du jour permanent d’une élection
algérienne. Parfois même plus importants que le scrutin lui-même. Sans le
règlement de ces questions-là, l’élection risquerait de s’en trouver perturbée,
chahutée, voire même — suprême horreur — entachée d’irrégularités. Ce qui en soi
porterait un coup fataaaaaaaaaaaaal à notre «cridibiliti» démocratique aux yeux
«trachomisés» du monde. Donc, passons maintenant, tout de suite, ici même, sans
plus attendre, aux choses sérieuses. D’abord appeler les tailleurs. Il faut
habiller de pied en cap les chorales d’enfants gominés qui vont accueillir
Boutef’ au cours de ses tournées électorales. Ensuite, prendre rendez-vous chez
les coiffeurs pour les chignons des jeunes, gentilles et belles hôtesses qui
seront chargées de remettre sur un coussin bordeaux brodé d’or les clés des
villes où Boutef’ ira promettre de faire aussi bien qu’il a déjà fait jusqu’ici.
Ensuite, passer un coup de fil au dresseur de colombes blanches afin d’établir
un programme précis, serré et détaillé des prestations de ses volatiles et de
vérifier avec lui que ses pigeons sont toujours aptes à se poser sur l’auguste
manche du non moins auguste costume présidentiel. Ensuite, mailer tous les
Ghaïta-Band afin de régler avec eux et avec leurs agents les derniers détails,
comme de disposer de tambourins à la peau bien tendue, de derboukate chauffées
suffisamment à temps et de zornate astiqués avec du bon polish, celui qui
n’occasionne pas d’éternuements chez le candidat Boutef’, comme ça a été
malheureusement le cas lors de certains meetings en 2004. Ensuite, et pas enfin,
organiser des séminaires et des regroupements en altitude pour tous les poètes
chargés de lire des vers à la gloire du candidat éternel, leur prescrire un
entraînement très strict et signer avec les apiculteurs un contrat
d’approvisionnement en miel pur afin que nos «lecteurs de motions de soutien»
gardent une voix claire, audible et triomphante. Vous voyez bien pourquoi je
vous exhortais en début de chronique à aller vite, à entamer dès maintenant le
travail. Car la tâche est énorme. Le programme colossal. Aucune fausse note ne
sera tolérée. A vos instruments ! Et que le bazar commence ! Je fume du thé et
je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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