dimanche 05 octobre 2008
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LA TRÈS COMMODE SOLIDARITÉ !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Crise financière mondiale. L’Algérie épargnée…

…par la vérité !

Depuis le drame de Ghardaïa, une catastrophe qui n’a rien de naturelle, y a un mot qui me sort par les trous du nez comme sortirait la rage en jets puissants des naseaux du taureau que je ne suis pas. SOLIDARITÉ ! Il est balancé à toutes les sauces. «Formidable élan de solidarité» «La solidarité s’est aussitôt mise en branle» «Un élan de solidarité ininterrompu» «La solidarité proverbiale des Algériens s’est une nouvelle fois exprimée». C’est dit et c’est écrit de telle sorte que l’on pourrait croire que quelque part, dans les limbes de nos esprits retors, nous aurions douté un instant de la solidarité de notre peuple. M’enfin ! Personne n’en doute. Les Algériens sont solidaires. Pas moins qu’un autre peuple touché par un drame d’une telle ampleur. Pas forcément plus, non plus. Les «convainqueurs» patentés insistent lourdement. En plus de la solidarité servie à profusion, ils nous assurent que tous les moyens humains et matériels ont été mis en œuvre dans la vallée du Mzab, que des renforts en pompiers et en engins de déblaiement ont été acheminés vers les zones sinistrées et que des convois de nourriture, de médicaments et de couvertures sont en route, sinon déjà arrivés. Mais je veux mon n’veu ! Encore heureux que les pompiers soient su place ! Où est l’information dans le fait que le pompier aille là où le pompier doit aller ? Tant qu’à faire aussi dans les portes ouvertes défoncées, saluons la présence des gens de la Sonelgaz qui sont en train de rétablir le courant et le gaz, ceux de l’eau qui réparent les canalisations d’eau potable, leurs collègues de la poste qui reconnectent toute la vallée au monde extérieur et les cantonniers qui redonnent un visage urbain à une ville dévastée. En fait, dans ce genre de catastrophe non naturelle (Oui ! Oui ! Je sais, j’insiste), la bifurcation par la bretelle de la solidarité permet à ceux qui nous gèrent — ou plus exactement qui ne nous gèrent pas — d’esquiver la seule question que nous puissions leur poser dans ces moment-là est-il normal que 33 Algériennes et Algériens meurent de la crue d’un oued en 2008 ? D’accord ! Des rivières débordent partout dans le monde. Mais y a que dans de rares pays que de telles crues tuent 33 personnes. Des pays mal gouvernés. Non gouvernés. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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