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Crise financière mondiale. L’Algérie épargnée…
…par la vérité !
Depuis le drame de Ghardaïa, une catastrophe qui n’a
rien de naturelle, y a un mot qui me sort par les trous du nez comme
sortirait la rage en jets puissants des naseaux du taureau que je ne suis
pas. SOLIDARITÉ ! Il est balancé à toutes les sauces. «Formidable élan
de solidarité» «La solidarité s’est aussitôt mise en branle» «Un
élan de solidarité ininterrompu» «La solidarité proverbiale des
Algériens s’est une nouvelle fois exprimée». C’est dit et c’est
écrit de telle sorte que l’on pourrait croire que quelque part, dans les
limbes de nos esprits retors, nous aurions douté un instant de la
solidarité de notre peuple. M’enfin ! Personne n’en doute. Les
Algériens sont solidaires. Pas moins qu’un autre peuple touché par un
drame d’une telle ampleur. Pas forcément plus, non plus. Les
«convainqueurs» patentés insistent lourdement. En plus de la solidarité
servie à profusion, ils nous assurent que tous les moyens humains et
matériels ont été mis en œuvre dans la vallée du Mzab, que des renforts
en pompiers et en engins de déblaiement ont été acheminés vers les zones
sinistrées et que des convois de nourriture, de médicaments et de
couvertures sont en route, sinon déjà arrivés. Mais je veux mon n’veu !
Encore heureux que les pompiers soient su place ! Où est l’information
dans le fait que le pompier aille là où le pompier doit aller ? Tant qu’à
faire aussi dans les portes ouvertes défoncées, saluons la présence des
gens de la Sonelgaz qui sont en train de rétablir le courant et le gaz,
ceux de l’eau qui réparent les canalisations d’eau potable, leurs
collègues de la poste qui reconnectent toute la vallée au monde extérieur
et les cantonniers qui redonnent un visage urbain à une ville dévastée.
En fait, dans ce genre de catastrophe non naturelle (Oui ! Oui ! Je sais, j’insiste),
la bifurcation par la bretelle de la solidarité permet à ceux qui nous
gèrent — ou plus exactement qui ne nous gèrent pas — d’esquiver la
seule question que nous puissions leur poser dans ces moment-là est-il
normal que 33 Algériennes et Algériens meurent de la crue d’un oued en
2008 ? D’accord ! Des rivières débordent partout dans le monde. Mais y a
que dans de rares pays que de telles crues tuent 33 personnes. Des pays mal
gouvernés. Non gouvernés. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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