Sans aucun document officiel, sans préavis et sans décision administrative, les locataires des deux immeubles situés au 1, rue de Gao, propriété du port d’Alger, seront délogés dans les 48 heures qui viennent. Ils viennent d’être informés verbalement par des agents de l’APC d’Alger-Centre de cette décision. Rosa Mansouri - Alger (Le Soir) - Une opération qui fait suite à une action entamée il y a quelques jours, avec le relogement, dans des conditions aussi confuses que floues, de 29 familles habitant le lot 53, à proximité du port. Cette fois, ce sont 38 familles qui subiront le même sort. La direction du port d’Alger, seule habilitée à faire sortir ces locataires, n’a pas daigné fournir la moindre explication aux familles concernées, angoissées et vivant depuis le début du mois de Ramadan dernier dans l’incertitude. Cette situation trouve son explication dans le seul arrêté ministériel n°1902, publié le 18 août 2008 par le ministère de l’Intérieur et des Collectivités locales, portant sécurisation du port et de l’aéroport d’Alger. En dehors de cet arrêté, dont les habitants ont pris connaissance par voie de presse, aucune décision émanant de la wilaya d’Alger, du port ou de l’APC d’Alger-Centre n’a été notifiée à ces familles. Constituées en comité, ces dernières, dont une délégation s’est adressée hier à notre rédaction, ont tenté de comprendre les raisons de leur délogement, en vain. Le seul document obtenu auprès des services de l’APC d’Alger-Centre est un bout de papier sur lequel est mentionné le dossier à fournir. Ce papier ne contient, toutefois, ni en-tête, ni signature, ni cachet de l’APC et encore moins l’objet du dossier. «Nous sommes scandalisés par ces agissements. Cette procédure est illégale et nous refusons de nous y soumettre. C’est de l’injustice», nous dira M. Dahouche, du comité formé par les habitants. Notre interlocuteur affirme avoir pris attache avec un avocat pour défendre les intérêts de ces familles. «On paye un loyer au port d’Alger et c’est aux responsable de ce dernier de nous expliquer ce qui se passe», ajoutera-t-il. Une expulsion déguisée, puisque les habitants de la rue de Gao ne connaissent pas encore leur future destination. Ils refusent de subir le même sort que leurs anciens voisins, qui ont été relogés dans des F2, à l’ouest d’Alger. «C’est notre droit de savoir où on veut nous jeter. Nous n’irons pas dans des F2 et le président de la République lui-même avait dénoncé le relogement des familles dans des appartements exigus», a averti M. Dahouche. Hier, les occupants des deux immeubles ont reçu des agents de l’APC qui les informaient, une fois de plus, verbalement, de l’imminence de leur déménagement. Une opération qui se déroule en catimini, sans bruit, en violation des lois de la République. Le mutisme de la direction du port, face à cette situation, laisse croire qu’elle n’a aucun droit de regard sur ses propres biens. Le président de la République veut-il livrer le port à des investisseurs dans les plus brefs délais, sous couvert de la situation sécuritaire ? R. M.
Nombre de lectures : 363
|