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Face aux promesses du régime, la population de Ghardaïa réagit avec
colère : «C’est fini ! Nous ne leur accorderons plus aucun...
... crédit !»
J’attends depuis des heures. Et je ne l’ai toujours
pas entendue. Pourtant, dans ce genre de situations, logiquement, dans la
logique logique, pas la logique de notre système, cette phrase aurait dû
être prononcée. Elle s’impose d’elle-même comme l’écrivent si
délicieusement mes amis de la sportive. On doit être en mesure de l’entendre.
C’est le moment. Nous sommes même légèrement en retard sur le timing
attendu dans ce genre d'événements. Pourtant, cette phrase n’a toujours
pas été prononcée par ceux qui doivent la prononcer. Personne, vraiment
personne, ni en collectif ni en individuel n’a dit clairement, à haute
voix pour éviter toute méprise ou contresens : «Tirons les conséquences
du drame qui vient d’endeuiller Ghardaïa et toute la vallée du Mzab, je
(nous) démissionne du poste que j’occupe et je m’en remets au jugement
de mes pairs, le jugement de ma (notre) conscience étant déjà en
délibéré.» Les personnes averties, amusées de me voir attendre, m’ont
gentiment conseillé de suspendre ma veille, de ne plus guetter le prononcé
du mot «Démission». Par contre, ces mêmes personnes averties m’ont
tout aussi gentiment suggéré de tendre l’oreille, car selon elles — et
je veux bien les croire — une autre phrase ne devrait pas tarder à être
prononcée. Elle serait déjà sur toutes les bonnes lèvres de nos bons
gouvernants : «Suite aux inondations terribles qui ont emporté des
dizaines de vies dans la vallée du Mzab, suite au deuil qui frappe cette
région et l’ensemble du pays et afin que toute la lumière soit faite sur
cet événement dramatique, il a été décidé la mise en place d’une
commission d’enquête officielle dotée de toutes les prérogatives et
missions lui permettant de situer les responsabilités des uns et des
autres.» Les personnes averties, les sages ont raison. Je n’aurai pas à
attendre longtemps l’annonce de cette commission d’enquête. Une belle,
imposante et solennelle commission d’enquête. Avec des yeux bleus et une
belle crinière blonde. Une commission d’enquête boumba, chabba et m’bah’bha.
Et à laquelle sera réservé le même sort qu’à toutes ses consœurs
commissions d’enquête : aller tranquillement reposer dans l’immense
cimetière où sont enterrées toutes les commissions d’enquête
diligentées par la RADP depuis 1962. Un cimetière jamais touché par les
inondations, les incendies ou les séismes, comme le font fort
judicieusement remarquer les climatologues et les sismologues non affiliés
au FLN. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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