
Actualités : DEUX MOIS APRÈS L’INTRODUCTION DE LA TAXE AUTOMOBILE EN ALGÉRIE La vente des véhicules stagne toujours
L’introduction d’une nouvelle taxe sur l’achat de véhicules neufs a fortement freiné un marché automobile en pleine expansion en Algérie. Les concessionnaires automobiles arrivent-ils à remonter la pente, deux mois après l’instauration de cette taxe ? Lyès Menacer - Alger (Le Soir) - L’Algérie importe pour 2,8 milliards de dollars de véhicules neufs. Ce chiffre représente 10% des importations de notre pays, a déclaré récemment le ministre des Finances, Karim Djoudi, qui a précisé que le nombre de véhicules neufs vendus est de 200 000 unités. Les concessionnaires ont été surpris par l’annonce de cette taxe qui a été introduite dans le cadre de la loi de finances complémentaire de 2008, adoptée le mois de juillet dernier. Résultats de cette annonce, les prix des voitures neuves ont explosé et de nombreux clients ont annulé leurs commandes. Cette situation a engendré une baisse des ventes que les concessionnaires n’arrivent toujours pas à surmonter. Chez Hyundai, la baisse est estimée à presque 50% par rapport au premier semestre de cette année. «De nombreux clients nous ont appelés pour annuler leurs commandes, surtout ceux qui ont contracté des crédits auprès des banques», a déclaré un responsable chargé du service commercial de ce concessionnaire. Chez Toyota, le constat est presque le même si l’on se fie aux déclarations du responsable commercial, Hannachi Mohamed. «Les gens qui achètent à crédit, les jeunes qui veulent acquérir des voitures dans le cadre des dispositifs Ansej, Apsi, etc., ont été les premiers à avoir annulé leurs commandes à cause de cette taxe», affirme notre interlocuteur. Même si le show-room de Toyota ne désemplit pas de visiteurs en ce début du mois d’octobre, les ventes peinent à reprendre «A côté de cette taxe, il y a le mois de Ramadan et la rentrée scolaire qui ont contribué à la baisse de nos ventes. Certains clients préfèrent attendre la nouvelle année pour s’acheter une voiture pour des raisons administratives », justifie Hannachi qui affirme que les ventes reprendront malgré l’existence de cette taxe. Au niveau du représentant de Kia automobiles, les choses semblent aller bon train. «Nous avons été affectés par la nouvelle taxe qui a engendré l’annulation d’un nombre important des commandes. Mais nos véhicules continuent à se vendre normalement. La baisse de nos ventes demeure légère auprès des particuliers alors que la demande des entreprises a relativement augmenté », explique-t-on au niveau du service commercial de Kia. Il faut noter que la vente des véhicules haut de gamme n’a pas baissé, ce qui n’est pas le cas des petites voitures dont le prix varie entre 400 000 et 800 000 DA, et qui représentent environ 80% du marché de véhicules, selon les chiffres fournis par le président de l’Association des concessionnaires automobiles d’Algérie, Mohamed Bahri. Rappelons aussi que le montant de la taxe varie entre 50 000 et 150 000 DA, calculé sur la base de la puissance et le carburant utilisé. La demande du report de l’application de la taxe sur l’achat d’un véhicule neuf n’a pas été acceptée par le gouvernement. Certains concessionnaires ont été donc contraints de trouver un moyen pour attirer une clientèle qui s’est rabattue sur le marché de voitures d’occasion. Pour Kia, la solution était de partager avec ses clients le poids de cette nouvelle taxe à hauteur de 50%. Toyota a proposé le paiement pendant deux ans des frais de l’assurance tous risques pour les demandeurs de petits véhicules de tourisme. Cette assurance couvrirait largement cette taxe, selon des employés de Toyota Algérie. Pour sa part, Renault Algérie offre des crédits avec 0% de taux d’intérêt pour des clients capables de financer leur véhicule à hauteur de 500 000 DA. C’est le cas aussi pour Nissan qui propose la même formule que Renault. D’autres concessionnaires automobiles ont, eux également, opéré des baisses des prix sous forme de remises allant jusqu’à 110 000 DA. Malgré ces offres alléchantes, les consommateurs ne se bousculent pas dans les showrooms des concessionnaires qui espèrent toujours une annulation de cette taxe qui ne pourrait intervenir qu’avec l’adoption de la prochaine loi de finances en 2009. Mais rien n’est sûr, à écouter le discours du gouvernement algérien qui attend toujours l’arrivée des unités de fabrication des firmes automobiles étrangères.`
L. M.
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