Mettre en relief les enjeux de la semaine sanglante d’Octobre 88 en Algérie et en mesurer la portée politique, c’est l’initiative prise par un certain nombre d’associations qui ont programmé une table ronde pour samedi 11 octobre à Paris.
De notre bureau de Paris, Khadidja Baba-Ahmed
Aux côtés de l’association «Pluri-elles» et du «Manifeste des
libertés» et avec le soutien de l’Association de culture berbère (ACB), de
l’association Amitié, solidarité avec le peuple algérien (ASPA) et de
beaucoup d’autres encore, la rencontre évoquera la révolte qui, d’Alger et
en très peu de temps, a gagné toutes les grandes villes du pays. A ce
soulèvement général, «les responsables politiques et militaires répondent
par le mépris, et ne tardent pas à ordonner une répression sanglante, d’une
ampleur et d’une intensité inégalées depuis l’indépendance »,
rappellent les organisateurs qui soulignent que contrairement au nombre officiel
de 161 morts, «le bilan dépasse, en réalité, les cinq cents morts ; il y a
des centaines de blessés et de manifestants arrêtés, et parfois torturés».
La table ronde sera introduite par la projection du film-documentaire qui avait
été alors tourné par Merzak Allouache en novembre 1988, soit dans le feu des
tourmentes populaires. Le journaliste Ihcène El-Kadi, l’écrivain et juriste
Noureddine Saâdi, le sociologue Didier le Saout et l’historien Benjamin Stora
animeront cette table ronde sur ce soulèvement «qui a ouvert une brèche de
liberté dans un pays dominé par la dictature et le régime du parti unique,
une brèche dont les effets ne concernent pas que les Algériens». Le groupe
musical Cheikh Sidi Bemol clôturera cette rencontre.
K. B.-A.
(Table-ronde samedi 11 octobre de 14h à 20h au centre Louis-Lumière, dans
le 20e, métro Porte de Bagnolet.)