Aux députés qui l’avaient, la veille, interpellé au sujet du sort de l’argent placé à l’étranger par l’Algérie et des conséquences de la crise financière, le gouverneur de la Banque d’Algérie a répondu qu’ils n’avaient pas de quoi à s’inquiéter. Laksaci a affirmé que les réserves de changes sont en lieu sûr, à savoir dans les banques centrales de «pays développés». S’il reconnaît que l’Algérie ne peut être à l’abri des répercussions de la crise des marchés financiers, Laksaci estime que les conséquences seront minimes. Le gouverneur de la Banque d’Algérie considère, en effet, que le degré de contagion de ladite crise est «certain» sur les pays émergents qui ont une liberté de mouvement des capitaux et une convertibilité de leur monnaie. Et l’Algérie ? «A l’instar de ces pays, l’Algérie subit certaines conséquences, à savoir l’augmentation de l’inflation vu le degré des importations des biens et services. En cas de forte récession, il n’est pas également exclu de s’attendre à une baisse des taux de rendement et à un recul des prix du pétrole avec comme conséquence première, la diminution des recettes», a-t-il dit en guise de réponse aux interpellations des parlementaires. Ces derniers avaient également axé l’essentiel de leurs questions au sujet des placements effectués par la Banque d’Algérie. Avant de dire que cet argent, dont il n’a pas révélé le montant, se trouvait en lieu sûr, Laksaci a tenu à rappeler que la Banque d’Algérie appliquait des règles de bonne conduite dictées par le FMI et qui consistent en la diversification de la monnaie, et de la constitution d’un portefeuille de référence. «Depuis 2007, l’ensemble des banques centrales sont préoccupées par le couple prise de risque-rendement. Au niveau de la Banque d’Algérie, la prise de décision est codifiée au risque de paraître trop prudent et trop conservateur». Aux spécialistes qui indiquaient qu’à l’heure actuelle, les placements de l’Algérie sont effectués à perte, Laksaci a tenu à dire qu’en 2007, le taux de rendement était de 4,26%, contre 4% en 2006 avec, dit-il, «le respect de la sécurité des placements», ajoutant que l’Algérie avait réduit ses dépôts dans les banques commerciales pour minimiser le risque de manque de liquidités et assurer la sécurité des dépôts. N. I.
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