Parti pour réaliser une monographie de son village, Ramdane Lasheb, enseignant de tamazight à Béni- Douala, a abouti à la collecte d’un florilège de poèmes de femmes sur le thème de la guerre. De ce corpus de près d’une centaine de poèmes est né Ccna N’tillawin N’lgirra ou poésie féminine de la guerre. Une chronique des années de la guerre de Libération nationale vue par les femmes. Véritable arpenteur de la mémoire, l’auteur est allé à la rencontre des femmes de son village qui ont vécu cette période et dont il a sondé la mémoire et les souvenirs. Au bout de la quête et d’une série d’entretiens, des poèmes que celles-ci ont composés pendant la guerre et que l’auteur a retranscrits sous forme de «textes» rimés d’une thématique unique, le tout dédié à la guerre de Libération nationale et à l’héroïsme de ces maquisards qui se sont sacrifiés pour libérer le pays du joug colonial. Conjuguant lyrisme et expression naïve qui caractérise la poésie féminine traditionnelle de Kabylie, ces poèmes, qui célèbrent les faits d’armes et les valeurs portées par ces combattants et racontant la vie quotidienne dans les villages de Kabylie soumise aux affres de la guerre, sont un témoignage vivant dont «l’authenticité» fait dire à l’auteur qu’ils «remplissent une fonction historique». Il s’agit, en effet, d’une véritable mise en récit de la guerre et de la vie dans l’espace temps considéré et qui peut servir de référence documentaire à l’état brut susceptible d’intéresser la recherche académique sur le patrimoine, voire même sur l’histoire. Au corpus des poèmes traduits en langue française, l’auteur ajoute, en annexe, un entretien-témoignage d’un ancien moudjahid qui servait d’agent de liaison de Krim Belkacem pour la région de Béni- Douala, ainsi que des tableaux statistiques en rapport avec la guerre de Libération nationale. S. A. M.
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