mardi 07 octobre 2008
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JE BOIS DU PETIT-LAIT !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Versement d’une partie de leurs salaires aux sinistrés de Ghardaïa. L’option ne fait pas l’unanimité chez les députés.

Pour une fois qu’il n’y a pas unanimité à l’Assemblée !

Et après, ils vont venir nous reprocher de faire dans l’humour et la dérision ! Mais c’est eux qui ont commencé en premier, M’sieur ! Sinon comment interpréter cette abracadabrante information qui vient de tomber sur mon téléscripteur : «Mandaté par le président Bouteflika, Belkhadem a été chargé du dossier des Patriotes. Sa mission consistera essentiellement à rassurer cette catégorie de personnes qui se sont pleinement engagées dans la préservation et la sécurité de l’Algérie.» Ben mince alors ! Je savais Ouyahia animé du désir ardent de réparer l’injustice faite aux Patriotes et aux GLD, sacrifiés sur l’autel infecte et dégoulinant de sang de la réconciliation, mais je ne me serais jamais douté que la mission réparatrice de cette ignominie serait confiée à Abdelaziz 2. Parce que, très honnêtement, demander à Belkhadem de rassurer les Patriotes sur leur avenir, c’est comme d’exiger d’un gourmand de passer devant un magnifique gâteau au chocolat sans y toucher, sans mordre dedans. C’est comme d’offrir la dernière Ferrari à un Sétifien tout en lui interdisant de dépasser les 80 km/heure. C’est comme d’attendre d’une hyène qu’elle dédaigne la chair tendre d’une jeune gazelle blessée et incapable de fuir. Alors, Belkhadem, nommé Monsieur Patriotes, faut-il en pleurer ou en rire ? Une réaction normale voudrait que l’on s’offusque de cette nouvelle trahison à l’idéal républicain et démocratique que symbolisent les Patriotes, n’en déplaise aux kitukistes. Mais tout de suite après, une fois la colère légitime revenue à un seuil tolérable, je vous avoue que j’en ris un peu de cette désignation de l’empastillé pour cette mission particulière. De savoir qu’il est désormais dans l’obligation d’aller voir les Patriotes dans le blanc des yeux, de s’inquiéter de leurs attentes, de veiller à leur honorabilité, ça me dope ! Parce que je sais, au fond, ce que ça lui coûte à Abdelaziz 2 de les avoir devant les mirettes ces Patriotes qui en ont fait tellement baver à ses copains et frères barbus. Je l’entends d’ici déglutir difficilement, la pomme d’Adam en ascenseur, devant un bon bougre moustachu et le regard farouche qui lui narrera combien de tangos il a aidés à passer de vie à trépas. Je la sens d’ici la sueur de Abdelaziz 2 lorsque, contraint de serrer la main aux Patriotes et de leur donner du «Monsieur», il sera dans l’obligation vachement obligatoire de leur assurer qu’il se pliera en quatre pour que leur honneur bafoué soit réhabilité. Rien que pour ça, je rends secrètement grâce au cerveau délicieusement sadique qui a pensé à Belkhadem pour ce genre de missions. Allah yaâtik essaha khouya, qui que tu sois ! Et je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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