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Versement d’une partie de leurs salaires aux sinistrés de Ghardaïa. L’option
ne fait pas l’unanimité chez les députés.
Pour une fois qu’il n’y a pas unanimité à l’Assemblée
!
Et après, ils vont venir nous reprocher de faire dans l’humour
et la dérision ! Mais c’est eux qui ont commencé en premier, M’sieur !
Sinon comment interpréter cette abracadabrante information qui vient de
tomber sur mon téléscripteur : «Mandaté par le président Bouteflika,
Belkhadem a été chargé du dossier des Patriotes. Sa mission consistera
essentiellement à rassurer cette catégorie de personnes qui se sont
pleinement engagées dans la préservation et la sécurité de l’Algérie.»
Ben mince alors ! Je savais Ouyahia animé du désir ardent de réparer l’injustice
faite aux Patriotes et aux GLD, sacrifiés sur l’autel infecte et
dégoulinant de sang de la réconciliation, mais je ne me serais jamais
douté que la mission réparatrice de cette ignominie serait confiée à
Abdelaziz 2. Parce que, très honnêtement, demander à Belkhadem de
rassurer les Patriotes sur leur avenir, c’est comme d’exiger d’un
gourmand de passer devant un magnifique gâteau au chocolat sans y toucher,
sans mordre dedans. C’est comme d’offrir la dernière Ferrari à un
Sétifien tout en lui interdisant de dépasser les 80 km/heure. C’est
comme d’attendre d’une hyène qu’elle dédaigne la chair tendre d’une
jeune gazelle blessée et incapable de fuir. Alors, Belkhadem, nommé
Monsieur Patriotes, faut-il en pleurer ou en rire ? Une réaction normale
voudrait que l’on s’offusque de cette nouvelle trahison à l’idéal
républicain et démocratique que symbolisent les Patriotes, n’en
déplaise aux kitukistes. Mais tout de suite après, une fois la colère
légitime revenue à un seuil tolérable, je vous avoue que j’en ris un
peu de cette désignation de l’empastillé pour cette mission
particulière. De savoir qu’il est désormais dans l’obligation d’aller
voir les Patriotes dans le blanc des yeux, de s’inquiéter de leurs
attentes, de veiller à leur honorabilité, ça me dope ! Parce que je sais,
au fond, ce que ça lui coûte à Abdelaziz 2 de les avoir devant les
mirettes ces Patriotes qui en ont fait tellement baver à ses copains et
frères barbus. Je l’entends d’ici déglutir difficilement, la pomme d’Adam
en ascenseur, devant un bon bougre moustachu et le regard farouche qui lui
narrera combien de tangos il a aidés à passer de vie à trépas. Je la
sens d’ici la sueur de Abdelaziz 2 lorsque, contraint de serrer la main
aux Patriotes et de leur donner du «Monsieur», il sera dans l’obligation
vachement obligatoire de leur assurer qu’il se pliera en quatre pour que
leur honneur bafoué soit réhabilité. Rien que pour ça, je rends
secrètement grâce au cerveau délicieusement sadique qui a pensé à
Belkhadem pour ce genre de missions. Allah yaâtik essaha khouya, qui que tu
sois ! Et je fume du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui
continue.
H. L.
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