Au sortir d’une réunion marathon, l’actuel patron de la FAF lance un autre pavé dans sa mare. «On attend que le TAS motive ses dernières décisions. Sur la base de ces motivations, nous prendrons une décision finale qui prenne en compte les intérêts de toutes les parties dont le RCK, et clore définitivement ce dossier.» Qui dit mieux ?
Le lendemain, après les folles rumeurs nuitardes, une
première annonce est rendue publique par l’agence nationale d’information
APS, citant une source proche de la fédération concernant la mise de fin de
fonction du président de la Ligue nationale, Ali Malek, et la mise en place d’une
commission dite ad hoc chargée de gérer les championnats nationaux de
première et seconde division. Une décision pour le moins loufoque tant sur le
plan de la forme que celui du fond. Le président de la Ligue nationale qui n’est
pas, faut-il le souligner, innocent dans ce qui se passe au sein de la scène
footballistique nationale, est d’abord en fin de mandat. Il a organisé l’AG
ordinaire qui lui a accordée son quitus concernant le bilan moral et financier.
Son départ était attendu et par ses souteneurs et par ses adversaires dont des
membres de la fédération, le vice-président Mohamed Khelaïfia en premier,
qui tentaient vaille que vaille d’avoir la main basse sur la gestion des
compétitions et de la commission de désignation des arbitres. Sur le fond,
cette mise de fin de fonction est antiréglementaire puisque l’article 14 des
RG fondateurs de la LNF évoque la constitution d’une commission ad hoc qui
serait l’émanation de la ligue et non pas de la fédération. La Ligue
nationale dépend des voix des clubs de première et seconde division, membres
à part entière de la composante de l’AG. La fédération a agi en ce sens en
toute illégalité même si statutairement parlant, le lancement de la structure
de gestion des compétitions (LNF) est de son ressort, son produit dérivé en
fait. Cela dit, si aujourd’hui, le BF de Hamid Haddadj décide de couper les
ponts sous les pieds de son allié d’hier, c’est qu’il a de bonnes
raisons. Pas spécialement celles liées à ce dossier «Khelidi» né d’une
dérive que la ligue a cautionné dès le départ pour en faire une bombe à
retardement. D’ailleurs, le conflit en sourdine entre les deux principaux
gestionnaires du football national, Malek-Haddadj, n’est pas près de se
consumer. Hier, aussitôt l’information de sa mise de fin de fonction parvenue
à son QG, le patron du championnat aux trêves multiples et des mises à jour a
réagi en appelant le président de la FAF. Les échanges de salamalecs entre
les deux hommes ont laissé, selon des témoignages très au fait du désordre
footballistique, apparaître des lendemains porteurs de nouveaux scandales.
Le dribble de Djiar
C’est au ministère de la Jeunesse et des Sports que les regards étaient
braqués hier, pendant toute la journée. Le dossier remis dans la matinée par
le «facteur» de la fédération concernant l’affaire RCK-FAF était
tellement léger que les responsables du MJS avaient peur de l’égarer.
Surtout que le calendrier du ministre, Hachemi Djiar, ne prévoyait pas un tel
rendez-vous. Selon des informations concordantes, le fameux résumé adressé
par la fédération algérienne a été «lu» par des conseillers du ministre
ainsi que par quelques privilégiés parmi les directeurs centraux du MJS.
«Lu» mais pas approuvé en ce sens qu’aucune réponse n’a été fournie au
coursier venu de Dely-Ibrahim. A l’heure où nous mettons sous presse, aucun
communiqué n’est venu étancher notre soif de la justice, même celle
agissant de nuit, et de l’information. Le site de la FAF sur lequel Haddadj a
promis, dimanche soir, de publier le compte-rendu de la réunion du 5 octobre
était resté muet sur la question. La promesse de Haddadj aura buté sur des
ingérences dont la forme n’a rien à voir avec le ballon rond.
M. B.