mercredi 08 octobre 2008
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Actualités : LA CRISE FINANCIÈRE SE PROPAGE À L’EUROPE ET À L’ASIE
Les Bourses dans le rouge, les gouvernements tentent de réagir


La crise financière internationale ne cesse de se propager, notamment vers l’Europe et l’Asie. Dans ce contexte où les Bourses mondiales sont dans le rouge, les gouvernements, notamment européens, tentent de réagir.

Vendredi dernier, le Congrès américain avait adopté un plan de sauvetage bancaire visant l’assainissement du système financier américain. Il s’agit de racheter jusqu’à 700 milliards de dollars d’actifs invendables accumulés par les banques au cours de la dernière bulle immobilière. Première étape de ce plan, le lancement par le Trésor américain, lundi dernier, de trois appels d’offres devant permettre de trouver des gestionnaires d’actifs privés chargés de sa mise en œuvre. Toutefois, les effets de ce plan se font attendre alors que les établissements financiers sont pris à la gorge par l'assèchement du crédit sur les marchés mondiaux.

La panique boursière perdure
De fait, les marchés financiers restent secoués aux Etats-Unis et dans le monde et ont connu avanthier un nouveau lundi noir, caractérisés par une panique générale et les craintes d’un effet domino. Avanthier, Wall Street a frôlé la catastrophe. Après avoir perdu plus de 7% en séance, le Dow Jones a limité ses pertes à 3,58% à New York en clôture, terminant sous les 10 000 points pour la première fois depuis octobre 2004. La Bourse de New York a ouvert pourtant en en hausse mardi, après que la Réserve fédérale eut annoncé des mesures en faveur du financement des entreprises : le Dow Jones prenait 1,44% et le Nasdaq 0,76% vers 13h40.

Chute en Europe
Cette crise financière se propage également à l’Europe et à l’Asie. Après avoir ouvert hier en hausse, au lendemain d’un plongeon historique, les Bourses européennes sont presque toutes repassées dans le rouge peu après, plombées par les valeurs bancaires. Très hésitante était la Bourse de Paris, où l’indice boursier le CAC 40, après avoir ouvert en nette hausse de 2,66%, a abandonné 0,20% vers 8h20 (GMT) puis a grignoté 0,04% à 8h32 GMT à 3 713,56 points. La veille, le CAC 40 avait dévissé de 9,04%, le plus fort recul en une séance depuis la création de l'indice CAC-40 en 1988. Idem pour la Bourse de Londres, repassée dans le rouge vers 8h15 GMT, l’indice Footsie-100 cédant jusqu’à 1,56% à 4 517,47 points, après avoir ouvert en hausse de 1,50%. Toutefois, la Bourse de Londres repartait à la hausse mardi après-midi, dopée par l'annonce d'une nouvelle action concertée des banques centrales pour résoudre la crise des liquidités des banques et le Footsie-100 gagnait jusqu'à 3,20% à 4 735,97 points.

Panique en Asie
Quant aux places financières d’Asie, elles ont démarré la journée sur un vent de panique, même si la modération est peu à peu revenue dans les salles de marché. L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a ainsi brièvement plongé sous la barre des 10 000 points pour la première fois en plus de cinq ans après une chute de 5,32% en matinée, avant de réduire les pertes à -3,03% en clôture. Selon les opérateurs, c'est principalement la chute du dollar face au yen qui inquiète les investisseurs, car ce phénomène pénalise fortement les exportateurs japonais déjà affectés par le recul de la demande aux Etats-Unis.

L’euro se déprécie face au dollar
La propagation de la crise financière en Europe amplifie en outre la chute de l'euro, qui a touché lundi un nouveau plus bas face au billet vert depuis plus de quatorze mois, à 1,3441 dollar. L'euro remontait toutefois aux alentours de 1,3540 dollar mardi vers 6h00 GMT. Un contexte marqué également par une vague de nationalisations bancaires notamment en Islande et des informations contradictoires sur le manque de liquidités en Grande-Bretagne.

Les Européens tentent de réagir
Après le sauvetage de la banque allemande Hypo Real Estate, du bancassureur belgo-néerlandais Fortis ou la banque franco-belge Dexia, et alors qu’ils continuent d’être divisés sur la question d’un fonds paneuropéen, les pays européens tentent de réagir. Notamment en renforçant la protection des épargnants, en augmentant fortement la garantie minimum dont ils peuvent bénéficier en cas de faillite de leur banque, dans une première réponse concrète à la crise financière qui ne cesse de se propager. Les ministres des Finances de l'Union européenne, réunis à Luxembourg, devaient annoncer hier un relèvement de cette garantie de remboursement de 20 000 à 100 000 euros. L'objectif serait avant tout de rassurer des petits épargnants de plus en plus inquiets. L'idée est aussi d'harmoniser au sein de l'UE des politiques discordantes et d'éviter une fuite des capitaux vers les banques des pays les plus généreux, alors que plusieurs pays européens ont annoncé ces derniers jours des mesures pour relever leurs garanties.

L’injection de liquidités, la panacée
En attendant, six banques centrales, dont la Réserve fédérale américaine, ont publié mardi un calendrier de leurs opérations de refinancement destinées à alimenter le circuit bancaire international en dollars jusqu'à la fin de l'année. Outre la FED, les banques centrales participant à cette action sont la Banque du Canada, la Banque d'Angleterre, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne (BCE) et la Banque nationale suisse. Et ce alors que le Fonds monétaire international a prôné hier dans son rapport sur «la stabilité financière mondiale » une aide des banques centrales au marché des prêts interbancaires, sous forme d'un «soutien limité et indirect».
C. B. / Agences de presse

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