mercredi 08 octobre 2008
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Actualités : INONDATIONS DE GHARDAÏA
Ouyahia fait le point !


Une fois n’est pas coutume. C’est le chef du gouvernement lui-même qui s’est déplacé hier au Centre international de presse (CIP) pour rendre compte devant la presse du Conseil du gouvernement. Ahmed Ouyahia a réservé son propos, à une exception près, à la situation à Ghardaïa, six jours après les terribles inondations.
Sofiane Aït Iflis - Alger (Le Soir) - Plutôt satisfait de l’avancement dans l’application des mesures édictées et engagées pour faire face à la catastrophe, le chef du gouvernement reconnaît, néanmoins, qu’il y a des insuffisances, l’Algérie étant un pays sousdéveloppé. S’il admet la part de la fatalité dans les catastrophes du genre de celle qui vient d’ébranler Ghardaïa, Ouyahia n’omet pas la responsabilité de l’administration. «L’administration participe à l’anarchie », reconnaît-il, rétorquant à une question relative à l’anarchie urbanistique où les constructions sont érigées sur les lits d’oueds. A Ghardaïa et ailleurs. Le chef du gouvernement, qui a parlé d’une situation largement maîtrisée à présent, a expliqué qu’il n’était pas possible d’acheminer les aides durant les deux premiers jours ayant suivi les inondations, les seuls accès étaient par voie fluviale et un zodiac ne peut transporter que des personnes. C’est par cela qu’il a expliqué les retards dans la distribution des aides aux sinistrés, avouant volontiers qu’il a été bel et bien accueilli par une vague de protestations. «C’est normal que je sois accueilli par la protestation.» Le chef du gouvernement a informé que les opérations de déblaiement ont été entamées et qu’elles prendront du temps, étant donné que les venelles étroites ne permettent pas d’utiliser de gros engins. La pelle et la pioche sont de mise. Y compris pour vider les caves inondées, il a fallu utiliser les petites pompes, les camions-citernes ne pouvant y accéder. Le chef du gouvernement a fait état de 9 communes sinistrées et que la boue à déblayer atteint les 3 à 4 mètres de hauteur. Ouyahia, qui a montré un brin d’irritation par rapport à ce qui s’est colporté comme rumeurs et assertions médiatiques quant aux bilans des inondations, a fourni les bilans établis pour avanthier, informant, au passage, que les autorités locales ont jusqu’au 10 octobre pour arrêter le bilan définitif. Jusqu’à avant-hier, le bilan communiqué par Ouyahia fait état de 34 décès, de 89 blessés, dont 3 encore hospitalisés, et d’un seul disparu. A la même date, 756 familles sinistrées ont été relogées provisoirement dans des salles collectives. Les équipes de CTC dépêchées depuis le nord ont, toujours à la même date, expertisé 9 600 logements, dont 600 ont été frappés d’une croix rouge, 1 250 classés à la catégorie orange et 8 000 cochés au vert. Au total, par ailleurs, 19 établissements scolaires (14 écoles fondamentales, 4 CEM et 1 lycée) ont été endommagés. Une dizaine d’établissements pourrait rouvrir avant la fin du mois. Le chef du gouvernement a annoncé la reprise des cours pour le samedi prochain. «L’électricité a été rétablie pour 7 200 foyers, le gaz pour 2 300 et l’eau pour tous les foyers. Les connexions téléphoniques ont été réactivées à 80%», a affirmé Ouyahia. S’agissant de l’évaluation des dégâts matériels, le chef du gouvernement a parlé de 20 milliards de dinars en matière d’infrastructures publiques et 5 milliards de dinars, tout au plus, concernant les biens privés. Le chef du gouvernement a infirmé avoir dégagé 20 milliards de dinars pour réparer le sinistre. «J’ai annoncé cela comme une mesure d’espérance à l’endroit des populations sinistrées. Nous n’allons pas ajouter du beurre aux épinards de certains, tant chaque secteur est doté d’un budget idoine et qui, pour certains, avoisine les 50 milliards de dinars», a souligné Ouyahia. Interrogé sur l’existence de plan à même de faire face à ce type de catastrophe et à d’autres, Ouyahia a affirmé que depuis les inondations de Bab-el-Oued et le séisme de Boumerdès, des textes ont été promulgués mais le degré d’application demeure en deçà des 30%. Pour Ghardaïa, il a annoncé la mise en chantier, depuis septembre dernier, de deux nouvelles digues. Celle déjà érigée, reconnaît Ouyahia, a retenu 20 millions de mètres cubes, ce qui a atténué de l’ampleur de la catastrophe. Et pour les déclarations à vous faire vraiment peur, Ouyahia a eu celle-ci : «De Guelma à Oran, l’Algérie est assise sur une bombe». Il parle, bien évidemment, du risque sismique et des risques d’inondations.
S. A. I.

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