mercredi 08 octobre 2008
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Actualités : DÉBUT HIER DE L’EXPULSION DES HABITANTS DE LA RUE DE GAO (PORT D’ALGER)
Les autorités coupent l’eau, le gaz et l’électricité


«On nous a coupé l’eau, le gaz et l’électricité pour nous pousser à quitter les lieux. Pourtant, nous payons notre loyer et honorons nos factures. C’est injuste. De la hogra», déplore un des locataires de la rue de Gao jouxtant l’enceinte portuaire.
Lotfi Mérad - Alger (Le Soir) - La colère de cet habitant de l‘immeuble numéro 1 et sa détermination à rester dans son appartement ne semblent, malheureusement, pas dissuader les autorités locales et celles du port d’Alger à entamer les opérations d’expulsion. Hier, une vingtaine de camions, des agents d’Asrout et Net Com, réquisitionnés par l’APC d’Alger-Centre, se sont présentés tôt le matin sur les lieux pour vider les appartements de leurs occupants sous l’œil vigilant des éléments de la police et ceux du maintien de l’ordre. «C’est de l’injustice, je ne quitterai pas un 140 m2 pour une boîte d’allumettes», insiste un des jeunes du quartier. Comme beaucoup d’autres, il fait partie des familles qui refusent de se plier à la décision «arbitraire» d’expulsion. «Nous n’avons eu aucun document officiel d’aucune partie que ce soit, nous enjoignant de libérer nos appartements. Le seul document qu’on nous a distribué est une déclaration sur l’honneur datée du 6 septembre et portant le cachet de la commune d’Alger-Centre», nous apprend M. Dahouche. En fait, les contestataires dénoncent la politique de deux poids deux mesures adoptée par les autorités dans les opérations de relogement. Ils affirment que «les hauts cadres du port et leurs parents, pour certains nouvellement installés dans les deux immeubles, ont bénéficié de logements de type F4 à Draria alors que les autres familles de retraités et anciens fonctionnaires ont été indemnisées avec des appartements exigus et dans des sites moins bien lotis, notamment à Aïn- Benian, Baba-Hassen et Chéraga». Ils citeront dans ce sens l’exemple d’une famille de «18 personnes sommée de quitter un grand appartement de quatre pièces pour un exigu F3». Et le comble, selon eux, c’est qu’«hormis le nom du site de relogement, on ne nous a fourni aucune information sur le type de logement qu’il nous sera attribué. On nous demande d’introduire les recours après le relogement. Nous ne savons donc rien de ce qui nous attend une fois dehors», poursuit M. Dahouche. A cet égard, les contestataires demandent «à être relogés dans des logements de type F4 et en fonction du nombre de livrets de famille». Pourtant, d’autres locataires ont bel et bien remis les clefs de leurs appartements aux représentants de l’entreprise portuaire et mis leurs meubles et affaires dans les camions. «Ils se sont résignés à quitter les lieux par peur de se retrouver sans toit. Et entre la rue et un petit F3, le choix n’est pas difficile à faire pour une famille avec enfants», nous répond-on.
L. M.

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