mercredi 08 octobre 2008
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Actualités : Pause-Café
Un journaliste (un vrai !) est passé par là


Lauréat du dernier prix Benchicou de la Plume libre, Bachir Rezzoug avait étonné tout le monde en se rendant à la cérémonie de remise des prix, lui qui ne quittait plus son domicile de Chéraga depuis des mois. Interviewé par un journaliste d’ El Watan, il avait dit toute son émotion et, avec l’humilité qui le caractérise, s’était effacé pour rendre un vibrant hommage à ses collègues de la presse indépendante.

Aujourd’hui qu’il nous a quittés dans le silence feutré de cette demeure où son épouse et sa compagne des jours heureux et des moments tristes, Bibia, veillait sur lui, les images d’un parcours unique dans les annales de la presse algérienne vont défiler dans les mémoires.
J’en garde trois :
- Celle du fougueux directeur de La République, bastion des journalistes libres avant l’heure et où nous nous rendions à chaque fois que nous foulions le sol d’Oran.
- Celle du responsable d’ El Moudjahid où il s’est évertué à changer le style du journal, en imposant le journalisme d’investigation et une relative liberté de ton.
- Celle de l’homme brisé par la maladie qui nous accueillait chez lui, mon ami Zoubir Souissi et moi. Mais au bout de quelques minutes, et à l’évocation de souvenirs communs, sa face s’illumina et ses yeux brillèrent de ce bonheur rare que ne connaissent que les vrais journalistes.
Bachir n’est plus. Mais, pour toute notre corporation, il restera vivant dans les cœurs et les mémoires. Comme un grand professionnel. Comme un homme intelligent et généreux aussi.
Enfin, comme le symbole du journalisme militant des années soixantedix, ce journalisme que les ignorants et autres rédacteurs de pacotille veulent absolument réduire au rang de propagande au service du parti unique. Bachir Rezzoug a été deux fois responsable de quotidiens gouvernementaux durant ces années-là !
L’hommage qui lui est rendu aujourd’hui l’est aussi à ces très nombreux journalistes qu’il a formés et qui se battent encore quotidiennement.
Adieu Bachir. Bibia et sa petite famille ont toute notre sympathie et notre indéfectible solidarité en ces pénibles moments.
farahmaamar@yahoo.fr

«La presse ne doit pas se soumettre au pouvoir de l’argent.»
(Bachir Rezzoug, juin 2008)

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