jeudi 09 octobre 2008
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Actualités : LES DISCIPLES DE ABDELHAMID LA SCIENCE ET LE LUNDI NOIR DES BOURSES MONDIALES
L’énigmatique bonne santé du système financier algérien


Plongeon du CAC 40, effondrement du DAX, solide, allemand et prévoyant, disait-on, à la place de Frankfurt, chute vertigineuse du Dow-Jones, indice vedette de la Bourse de New York, le technologique Nasdak, altier, dominateur, sûr de lui, dégringolait et perdait, hier, jusqu’à 1 869, 17% de points...
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari «C’est la panique générale», déclarait, hier Adrian Van Tiggalen, principal stratège chez INGInvestment (Amsterdam). De Moscou à Manille en passant par Tokyo, Rotterdam, Paris, Londres, Kuala-Lumpur, Francfort, Amsterdam, Pékin, Séoul, Dubaï, Doha, toutes les Bourses du monde tombaient, l'une après l’autre, toutes les ouvertures des principales chaînes TV mondiales ainsi que les titres des principaux quotidiens ou de la presse spécialisée évoquaient qui le «lundi noir de la Bourse», qui la «récession qui commence», qui «la fin de Wall-Street», qui, enfin, «le début de la descente aux enfers». Les Etats-Unis et l’Union européenne mettent aux oubliettes «le libreéchange », «la libre-circulation des capitaux», «l’ouverture des marchés ». George Bush lève, comme au bon vieux temps du roosveltisme, 700 milliards de dollars et les met dans le marché pour empêcher Wall-Street de rendre l’âme. Chaque contribuable américain doit casquer 4 000 dollars nets pour sauver le système casino dit le capitalisme financier. Ça ne suffit pas. Les Bourses continuent leur folle équipée. La France, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Allemagne piétinent les institutions européennes et s’autoréunissent à Paris, résultat du conclave parisien de Nicolas Sarkozy. Chaque Etat fait ce qu’il veut. Où sont donc passés, le pacte de stabilité, l’indépendance de la Banque centrale, la zone euro, les critères de Mastricht devenus ceux de Lisbonne. La Belgique nationalise le navire-amiral de la finance, Fortis puis, quelques heures après, le remet en table de jeux et de le fourgue à BNP-Paribas. Les Pays-Bas rachètent, en toute souveraineté d’Etat, la filiale néerlandaise du groupe Fortis, l’Allemagne met de fortes sommes d’argent pour sauver la 4e banque du pays en voie d’extinction. Le Danemark, l’Irlande, la Finlande, personne n’est en reste. Tous les gouvernements de l’Union européenne oublient leurs vertus libérales et interviennent, directement, «souverainement» dans le marché. Dans le casino. D’ici, de Bruxelles, l’on croit rêver en entendant les principaux dirigeants de l’UE défendre la «régulation », l’intervention si ce n’est «l’interventionnisme » de l’Etat, «le retour vers les banques de dépôt et non plus de spéculation», «l’Etat-providence», la «défense d’un fort secteur public». A écouter Angela Merkel, Yves Leterme (Belgique), N. Sarkozy et les autres, on a du mal à distinguer leurs propos de ceux des économistes ou des politiques qui ont toujours prôné ces valeurs. Seule différence : lorsque Samir Amine, Hugo Chavez, Salvatore Allende, Benhassine, Bouzidi ou le Brésilien Lula disent cela, on les accuse de «dirigistes», de «bureaucrates», «d’ignorants de la chose économique, du marché». A la pauvre Algérie, on conseille, on ordonne de privatiser, totalement, Sonatrach, alors, qu’eux, Américains et Européens nationalisent s’il faut nationaliser, sans aucune forme d’explication. Il est vrai, cependant, que ni a Bruxelles, ni à New York, ni à Tokyo, où que ce soit dans le monde, l’on a entendu ou lu que la «crise boursière ne nous touche pas... Nous sommes parés à toute éventualité». Exception faite de l'Algérie où des hauts responsables ont osé déclarer cela. En toute tranquillité... Dans les années 1980, Abdelhamid Brahimi déclarait : «Face à la politique clairvoyante du président Chadli, l’Algérie est à l’abri des conséquences de la crise mondiale.» La suite, tout le monde la connaît...
A. M.

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