Actualités : MARCHÉS BOURSIERS
La descente aux enfers s’accélère


Les Bourses mondiales ont vécu hier une autre journée noire. La descente aux enfers s’est accélérée hier à la Bourse de Tokyo mais aussi au Golfe et en Europe, malgré l’impulsion de plans de sauvetage bancaire aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne et même si les banques centrales ont revu à la baisse leurs taux directeurs.

Les mauvaises nouvelles continuent d’affluer des marchés boursiers dans le monde. C’est un véritable krach que la Bourse de Tokyo a subi hier depuis le «lundi noir» de 1987, saisie d’effroi par la flambée du yen face au dollar et par la crise financière, entraînant toute l’Asie dans sa déroute.

Krach à Tokyo
L'indice Nikkei 225 des valeurs vedettes s'est effondré, chutant de 9,38%, son plus bas niveau depuis le 30 juin 2003, sous l'effet de ventes de panique effrénées, particulièrement en fin de séance. Il s'agit de la pire chute en pourcentage de l'indice tokyoïte en clôture depuis le 20 octobre 1987, quand il avait terminé sur un plongeon de 14,90% dans la foulée du célèbre krach du «lundi noir» à la Bourse de New York. C'est aussi la troisième plus grosse perte subie par le Nikkei depuis sa création en 1950, derrière une baisse de 10,00% le 5 mars 1953. Le Nikkei a fondu de 19% au cours des cinq dernières séances, et de presque 50% depuis un pic atteint en juillet 2007, à l'aube de la crise mondiale.

Les investisseurs japonais paniqués
Les investisseurs japonais ont paniqué après une nouvelle dégringolade historique de Wall Street la veille au soir, et un discours pessimiste du président de la Réserve fédérale américaine (Fed) Ben Bernanke. Tout en laissant espérer une prochaine baisse des taux, le président de la Fed avait estimé en effet que les perspectives de croissance économique «se sont dégradées » et que «les risques pesant sur la croissance ont augmenté». Les investisseurs ont surtout été pris de terreur au vu de l'appréciation galopante du yen, devenu valeur refuge en raison des déboires économiques aux Etats-Unis. Le billet vert est passé hier sous le seuil psychologique des 100 yens pour la première fois en sept mois, un phénomène qui pénalise le commerce extérieur japonais déjà affecté par la baisse de la demande américaine. La plupart des analystes restent pessimistes pour le marché japonais.

Débandade en Asie du Sud-Est
La débandade de Tokyo a inspiré les investisseurs sur toutes les places d'Asie- Pacifique. L'indice Hang Seng de la Bourse de Hong Kong a terminé la journée sur un plongeon de 8,17%. En clôture, Séoul a chuté de 5,81%, Shanghai de 3,04%, Taipei de 5,76%, Sydney de 4,99%. A la mi-séance, Bombay cédait 8,16% et Bangkok 8,37%. La séance a été suspendue pour une «durée indéterminée» à Jakarta après une dégringolade de 10,38%. Les marchés boursiers du Golfe et d’Egypte ont subi la même déroute, malgré les tentatives des autorités de certains de ces pays de rassurer les investisseurs.

Dégringolade dans le Golfe
La dégringolade dépassait ainsi les 10% (10,5%) à Dubaï qui a perdu plus du quart de sa valeur depuis dimanche dernier. Elle approchait 9% (8,6%) à Riyad (Arabie Saoudite) où l’indice TASI a perdu 23% en trois jours, et au Qatar (8,7%) où l’indice de Doha est à son niveau le plus bas depuis plus de 15 mois. A Abu-Dhabi, l’indice boursier cédait 5,93%. De tous les marchés du Golfe, la Bourse koweïtienne parvenait seule à limiter la casse en contenant sa baisse à 2,5%, après une chute initiale de 2,8%. La banque centrale du Koweït a annoncé une réduction de 1,25% de son taux d'escompte à 4,5% avec effet immédiat, traduisant l'inquiétude croissante des autorités. Cette quatrième journée noire consécutive a confirmé que malgré leurs richesses en hydrocarbures, à l'origine d'excédents budgétaires colossaux et qui devraient a priori les protéger contre tout risque de pénurie de liquidités, les monarchies du Golfe ne sont pas à l'abri des retombées de la crise financière mondiale.

C’est aussi le plongeon au Caire
Pour sa part, la Bourse égyptienne a replongé hier, son principal indice, le CASE-30, chutant de 13,4% en cours de séance, pour tomber à son pire niveau depuis deux ans, après son effondrement de 16,47% la veille en clôture. A Istanbul, en Turquie, la Bourse a chuté de près de 6% (5,98%) à la mi-journée. La journée d’hier fut également un mercredi noir pour les Bourses européennes, en chute libre dans le sillage de la Bourse de Tokyo, dans un marché affolé.

Recul sur les places européennes
A Paris à 10h15 (08h15 GMT), l'indice CAC 40 perdait 8,18% après une baisse supérieure à 2% à l'ouverture. A Francfort, à la même heure, la tendance était identique et le recul s'accélérait avec un plongeon de 7,41%. La Bourse de Londres pour sa part reculait de 7,82% en fin de matinée, un nouveau plus bas depuis plus de quatre ans. Et ce alors que la Grande-Bretagne a lancé hier un plan massif de soutien à son secteur bancaire (notamment une nationalisation partielle de huit banques, d'une valeur de 50 milliards de livres) et a appelé à un plan de sauvetage européen similaire. Mardi soir la Bourse de New York avait continué sa chute, terminant en baisse pour la cinquième séance consécutive: le Dow Jones avait lâché 5,11% et le Nasdaq 5,80%. Hier, le Dow Jones a ouvert en baisse de 2,12% à New York, et le Nasdaq de 2,52%.

Les banques centrales interviennent
Les mesures se sont multipliées de toutes parts pour tenter, en vain, d'endiguer la crise de confiance qui empêche les banques de se prêter entre elles et paralyse l'économie réelle. Dans ce sens, six banques centrales mondiales, dont la Réserve fédérale américaine (FED), la Banque centrale de Grande-Bretagne et la Banque centrale européenne (BCE) ont annoncé hier une baisse de leurs taux directeurs de manière conjointe. La baisse est de 0,5 point dans tous les pays concernés sauf en Suisse, où la réduction est de 0,25 point. Dans la zone euro, le taux directeur passe ainsi de 4,25% à 3,75%, aux Etats-Unis il est maintenant de 1,5%, en Grande- Bretagne de 4,5%, en Suède de 4,25%. Concernant la BCE, elle a baissé son taux à 3,75%. La Banque du Japon ne s'est pas jointe à la baisse de taux mais a exprimé «son soutien pour ces actions». Au même moment, la Banque centrale chinoise, qui ne fait pas partie de la concertation, a décidé elle aussi une baisse de taux sur les prêts à un an.

Soulagement, mais la dégringolade a repris
L'annonce a provoqué un soupir de soulagement sur les Bourses mondiales, en pleine déroute depuis lundi et qui sont immédiatement remontées. Cela même si certaines d'entre elles sont vite repassées dans le rouge. Ainsi, le CAC 40 à Paris a fait un bref passage dans le vert à +0,09% mais reculait de nouveau peu de temps après, lâchant 1,87%, et vers 14h42 rechutant de 2,63%. La Bourse de Londres était en nette baisse mercredi vers 13h00 GMT, le Footsie-100 cédant 3,49%. L'indice des trente valeurs vedettes allemandes Dax de la Bourse de Francfort a lui aussi fortement réduit ses pertes, en recul de -1,35% à 11h10 GMT. L'euro a repassé le seuil d'1,37 dollar pour un euro mercredi vers 11H20 GMT après l'action concertée de baisse des taux. Egalement, la Bourse saoudienne a récupéré une bonne partie de ses pertes mercredi peu avant la clôture, son indice affichant - 1,6% après avoir ouvert en recul de plus de 7,5%.
C. B. / Agences de presse





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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/10/09/article.php?sid=74235&cid=2