Jamais une visite présidentielle n’a mobilisé autant de monde et de moyens. Tlemcen vit une ambiance particulière et au rythme infernal des préparatifs de cette troisième visite de Bouteflika dans la capitale des Zianides où rien n’est laissé au hasard. Toutes les infrastructures ont été réquisitionnées pour accueillir l’important dispositif sécuritaire venu en renfort des autres wilayas. En dehors de son aspect de visite de travail — il y aura certes beaucoup de chantiers à inaugurer : le plateau de Lalla Setti, le nouveau pôle universitaire, l’auditorium de la faculté de médecine et une dizaine d’autres points retenus — elle revêt un caractère particulier. Si Bouteflika revient à Tlemcen après trois années d’absence, ce n’est pas pour une simple visite de travail, l’inauguration de l’année universitaire à partir de la capitale des Zianides nous renseigne sur la teneur du message... du candidat Bouteflika. Le 3e mandat est, en effet, sur toutes les lèvres, les préparatifs de la campagne électorale ont débuté et les moyens réunis. Cependant, il y a tout de même un sérieux problème pour l’actuel locataire d’El Mouradia, l’axe Tlemcen- M’sirda-Nedroma risque de ne pas fonctionner et pour cause, Tlemcen n’est plus ce «sultanat». Les dernières élections législatives ont été un sérieux avertissement. Dorénavant, il ne suffit pas d’avoir une dizaine de ministres de «proximité » pour s’assurer une victoire. Il suffit de prêter l’oreille aux commentaires du simple citoyen à Tlemcen pour comprendre toute la déception d’une population d’une wilaya considérée à tort comme privilégiée. «C’est peut-être même le contraire de ce que l’on croit», tient à souligner ce vieux militant de gauche. «Savez-vous que d’importants projets ont fait l’objet d’un refus catégorique de la part de certains ministres natifs de Tlemcen, c’est notamment le cas pour le secteur de la santé qui n’a pas pu arracher au ministre de tutelle de l’époque la construction d’un véritable CHU», argumentra-t-il ses propos. C’était pourtant une revendication légitime exprimée par le wali de Tlemcen et les professionnels de la santé. D’autre part, on estime que la représentation parlementaire et sénatoriale est absente et on ne se soucie guère des problèmes de la wilaya. On ne peut pas dire que tout baigne dans l’huile, le troisième mandat s’annonce plus que difficile, quand le taux de participation reste un élément déterminant. Il y a de trop de déçus dans cette wilaya supposée acquise et il faut aussi trancher un sujet brûlant : qui de Maghnia ou de Nedroma sortira vainqueur de cette rivalité pour s’offrir le statut de wilaya lors du prochain découpage administratif ? Autant dire que cette visite ne sera pas de tout repos aussi bien pour le président en exercice que pour le candidat Bouteflika. M. Zenasni
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