L’histoire. Quittant «Fondouk», sa ville natale, au pied
de Bouzegza (Mitidja), Madjid Zahar arrive en France début 1954 dans l’espoir
de trouver un emploi. Il s’installe à Montelimar et se rend dans la vallée
du Rhône où de nombreux émigrés trouvent de l’embauche dans le chantier
où le fleuve du même nom est en cours de réalisation. Commence alors une
longue série de déceptions.
Madjid découvre le chômage, la faim, la
précarité, le racisme : le lot quotidien de tous les émigrés nord-africains
en général et algériens en particulier dans la France des année 1950. L’humiliation
commence au port d’Alger, juste avant d’embarquer sur le bateau en direction
de Marseille : «Nus comme des vers, ils nous ont donné du savon et passé un
jet d’eau froide sur notre corps... On nous a aspergés de poudre blanche...
pour liquider les petites bêtes.» Une fois en France, ces Algériens se
heurtent au problème du chômage. Et lorsqu’ils décrochent un petit boulot,
les loyers sont tellement chers qu’ils sont obligés de s’entasser à 10 ou
20 personnes dormant dans des garages, sur des paillasses miteuses. Traités de
bougnoules et de bicots, ils sont continuellement méprisés et humiliés.
Roman historique.
Ce roman historique est le premier ouvrage publié en Algérie par Kader
Ferchiche, né en France et issu d’une famille d’émigrés. L’auteur fait,
toutefois, une petite confusion dans la trame de son roman en écrivant que l’Aïd
el-Fitr est celui du sacrifice du mouton (page 151)... D’une lecture facile et
fluide, cet ouvrage nous rappelle les dures conditions de vie des émigrés dans
la France des années 1950.
Sabrinal
(*) Ils avaient le soleil pour tout regard, de Kader Ferchiche. Editions
Alpha (400 DA)
Nombre de lectures : 200