dimanche 12 octobre 2008
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L’ALGÉRIE NE CROIT PLUS AUX LARMES !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Prix Nobel de la persévérance, de l’assiduité et de l’ancienneté.

Celui-là, au moins, on sait à qui il doit aller !

Lu hier dans les colonnes de Liberté, le wali de Ghardaïa a pleuré à chaudes larmes devant les témoignages poignants des rescapés des inondations. J’avoue mon «scepticisme dubitatif tenace» devant les débordements lacrymaux des personnes en hautes charges. Non pas que cela trahisse un manque d’humanité de ma part ou de sensibilité. Point du tout ! C’est juste que je trouve les épanchements et les pleurs officiels un peu trop prépondérants et répétitifs à l’excès. Mais qu’ont-ils donc tous à chialer ces derniers temps ? J’ai encore en mémoire les larmes de la juge ayant officié dans l’affaire Khalifa. Ces pleurs, en conclusion du procès, ont accaparé le devant de la scène. On ne parlait plus que de son doux visage soudainement submergé par les larmes et inondé de compassion pour les condamnés. Et bien évidemment, fut relégué au second plan le fait principal dans ce faux procès du siècle : la relaxe pure et simple pour plusieurs grosses pointures du régime pourtant confondues en salle d’audience, mises à mal en public et données à voir pour ce qu’elles sont, pas grandchose hélas. Alors, oui ! Des larmes ! Bien. Génial ! Grand moment de sensiblerie collective. Reste que des bougres, des petits riens, des sans-grade ont été sanctionnés. Et eux, s’ils pleurent aujourd’hui encore, bien au fond de leurs cellules, ont des raisons légitimes de pleurer. Rendre la justice, pas pleurer. Dire pourquoi 34 morts à Ghardaïa, prendre ses responsabilités, frapper ou demander à être frappé, pas pleurer. Ce ne sont pas des larmes qui sont attendues du chaos de Ghardaïa. Ce ne sont pas non plus des commissions d’enquête qui concluront, comme à l’habitude, à la responsabilité de l’équinoxe et de l’attraction lunaire dans le débordement de l’oued Mzab. Ce n’étaient sûrement pas des larmes qui étaient attendues du procès Khalifa. C’était la justice, au-dessus des larmes et au-dessus des hauts commis de l’Etat en queue organisée pour des avantages sonnants et trébuchants. Hélas, et c’est en cela que les larmes du wali de Ghardaïa (sûrement sincères, ce n’est pas le sujet) me gênent terriblement. Car ici, il est devenu un fait quasiment culturel : celui de noyer la gouvernance sous des trombes de larmes. J’en pleurerais presque de… dépit ! Mais voilà, aux larmes, je préfère fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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