Actualités : MARCHÉ INFORMEL DE PORT-SAÏD
Légère baisse de l’euro et augmentation du dollar


«Effectivement, les cours de l’euro ont baissé par rapport à la monnaie nationale mais de quelques dizaines de dinars seulement », nous répond Madjid. Adossé au rideau baissé du café La Glacière, un paquet de dollars dans les mains, ce jeune homme, à l’accent jijelien prononcé, rencontré hier au square Port-Saïd à Alger, scrute les passants à l’affût de clients potentiels.
Lotfi Mérad - Alger (Le Soir) - Comme Madjid, ils sont plusieurs dizaines de jeunes et moins jeunes à épier à longueur de journée l’ex-square Bresson, ses rues et ruelles adjacentes. Jonglant tels des prestidigitateurs avec des liasses de billets de banque, ces «courtiers» proposent à la vente les principales devises étrangères. Mais ils sont prêts aussi à vous acheter des euros, des dollars et autres devises fortes. Ces animateurs de la bourse informelle d’Alger sont postés partout, sous les arcades, attablés à l’une des nombreuses terrasses de café, à l’intérieur d’une voiture ou carrément sur la chaussée et proposent, sans le moindre scrupule, leurs services aux piétons et aux automobilistes, au vu et au su des autorités. L’effervescence qui règne quotidiennement dans ce haut lieu de la finance informelle algéroise contraste avec la moribonde Bourse officielle d’Alger, place Maurétania. Deux places et deux ambiances totalement différentes et surtout indifférentes aux bouleversements financiers mondiaux. La crise financière mondiale ne semble pas inquiéter Madjid ou plutôt ses employeurs. «Les affaires marchent relativement bien mais nous avons constaté une légère baisse de la demande en devises», confie-t-il. Un constat qu’il partage avec Aïssa, un autre courtier posté au coin d’une rue à quelques mètres du Palais de justice. Hier encore, la monnaie européenne était proposée à 117,5 DA à la vente pour un euro et 116 DA à l’achat. Le billet vert, lui, est échangé contre 84,5 DA à la vente et entre 82 et 83,5 DA à l’achat pour un dollar. La livre sterling est cédée à 14 850 dinars les cent unités à la vente et 14 600 DA à l’achat. Si la monnaie unique a perdu un peu de sa valeur par rapport au dinars, elle était cédée à 119,5 DA en août dernier, le dollar américain a, quant à lui, gagné en valeur. Puisqu’il s’échangeait contre 78 DA il y a deux mois, contre 83,5 DA actuellement. Le taux de change officiel à la vente affiche lui, 63,19 DA pour un dollar et 92, 73 DA pour un euro. Mais ni Madjid, encore moins Aïssa n’ont été capables d’expliquer les raisons de ces légères fluctuations des cours des principales devises étrangères sur le marché informel local. Ils sont néanmoins sûrs que «l’euro perdra un peu de sa valeur dans les prochains jours». Pour ces deux courtiers comme pour les autres d’ailleurs, l’essentiel est de rapporter un maximum de bénéfices au patron et bénéficier ainsi d’une ristourne conséquente. Ils comptent parmi leurs clients de simples citoyens soumis à une allocation devise annuelle plafonnée à l’équivalent de 15 000 DA, des hommes d’affaires ainsi que des hauts responsables de l’Etat. Il est, en effet, de notoriété publique que des sommes énormes en monnaie étrangère sont échangées chaque jour au niveau de la bourse informelle du square Port-Saïd. Une alternative officielle et légale étant inexistante.
L. M.



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