Monde : RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
Le patron de l'UA à Kinshasa pour tenter d'éteindre le feu dans l'est


Le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Jean Ping, s'entretenait hier à Kinshasa avec les autorités congolaises pour tenter de mettre fin à la guerre qui oppose depuis août l'armée à la rébellion de Laurent Nkunda.
«Je suis venu rencontrer les autorités congolaises pour comprendre la situation sur le terrain (au Nord-Kivu) avant d'envisager des solutions», a déclaré à la presse le patron de l'UA, arrivé vendredi à Kinshasa. M. Ping s'est entretenu hier avec les présidents des deux chambres du Parlement, le chef de la Mission de l'ONU en RDC (Monuc), le représentant de la délégation de l'Union européenne (UE) élargie à la présidence française ainsi qu'avec les ambassadeurs des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la Belgique et de l'Afrique du Sud. Il devait être reçu dans la journée par le président Joseph Kabila, a affirmé à l'AFP le porte-parole de l'UA à Kinshasa, Traoré Brehima. «C'est à l'issue de ces entretiens qu'il envisagera de faire le point avec la presse», a-t-il précisé. Il est donc clair que le président de la Commission veut promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité en RDC et dans la région. Le séjour de M. Ping dans la capitale congolaise intervient au lendemain d'un appel à la mobilisation générale des Congolais lancé par le chef de l'Etat congolais pour faire échec à une tentative du général déchu Laurent Nkunda de renverser les institutions élues du pays. «Par delà tout clivage politique, mobilisons-nous comme un seul homme derrière nos forces armées et les élus de la nation pour préserver la paix, l'unité et l'intégrité du pays», avait déclaré M. Kabila lors d'un message diffusé jeudi soir à la télévision nationale. Selon M. Kabila, le but du général Nkunda, retranché dans les collines du Nord- Kivu, «n'est plus de protéger sa communauté ethnique comme il l'a toujours prétendu, mais de diviser le pays pour réaliser l'expansionnisme d'un territoire voisin». Tutsi congolais, considéré comme proche du pouvoir en place à Kigali, Laurent Nkunda avait appelé le 2 octobre tous les Congolais «à se mettre debout contre un gouvernement qui a trahi son peuple». La prise de position du chef du CNDP avait été unanimement condamnée par la communauté internationale arguant qu'il n'existe pas de solution militaire à la crise actuelle dans les Kivus. Elle a appelé à la poursuite des processus de paix de Goma impliquant notamment le gouvernement à la rébellion du CNDP, et de Nairobi qui lie la RDC au Rwanda. Pour la communauté internationale, ces deux processus restent «les seuls cadres appropriés pour permettre de restaurer un climat de confiance et de stabilité durable» dans la région des Grands Lacs. Depuis fin août, la situation s'est dégradée dans la province du Nord-Kivu, frontalière du Rwanda, où la rébellion s'était emparée mercredi soir d'un camp militaire de l'armée à Rumangabo, à environ 50 km au nord de la capitale provinciale Goma, avant de se retirer sous la pression de la Monuc. Les autorités de Kinshasa avaient ouvertement accusé le Rwanda d'avoir envoyé des troupes sur leur territoire pour appuyer la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et affirmé disposer des preuves de l'implication de l'armée rwandaise aux côtés du CNDP. Ce que Kigali avait aussitôt rejeté. L'Union africaine, préoccupée par des foyers de tension qui minent certains Etats : Somalie, Sud-Soudan, Tchad et RCA qui emboîtent le pas à la RDC, estime de son devoir qu'elle doit tout faire pour éteindre ces foyers dont les conséquences risquent d'affecter gravement la stabilité de tout le continent. Un calme relatif règne depuis jeudi dans les collines du Nord-Kivu où les mouvements de troupes sont toutefois observés.



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http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2008/10/12/article.php?sid=74361&cid=26