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Dernière minute ! L’Algérie épargnée par l’effondrement mondial
des cours du pétrole.
Comme d’hab’ !
A Tlemcen, Abdekka a inauguré toute une série de
projets finis, semi-finis ou sur le point incertain de l’être un jour. On
lui a aussi mis sous le nez des maquettes de projets à venir. Et là,
devant les caméras et le responsable d’un projet immobilier à caractère
culturel, Boutef’, aussi «prévisible» qu’à l’accoutumée, a
lâché cette phrase terrible qui a littéralement liquéfié le pauvre mec
auteur de la maquette : «Qu’est-ce que c’est que ça ? Ça ne répond
à aucun critère architectural. Ce n’est pas beau. Ça manque de
créativité. C’est d’un simplisme primaire !» Puis, se tournant vers
Amar Tou, ministre des Transports — et donc n’étant nullement concerné
par cette histoire — il a lancé en souriant : «Tenez ! Même Si Amar Tou
ici présent et qui n’y connaît rien en dessin pourrait faire mieux. Si
je lui donne une feuille et un crayon, le résultat serait meilleur que ça
!» Et toute l’assistance de rire grassement. L’architecte un peu moins
que les autres, tout de même. Moi, je n’ai pas ri du tout. J’ai
immédiatement pris mon blocnotes et j’ai… noté, évidemment ! J’ai
noté en gros caractères indélébiles «Amar Tou ne sait pas dessiner».
Et cette note-là, ce pense-bête, je vais l’archiver précieusement. Car
chez nous, c’est une première ! C’est l’unique fois que mes oreilles
entendent dire par le chef des responsables que l’un des responsables sous
ses ordres ne sait pas faire quelque chose. C’est en cela que cette
annonce est révolutionnaire. Toute l’Algérie doit rendre grâce à
Abdekka de nous avoir révélé que Tou n’y connaissait rien en dessin. Ne
prenez pas à la légère ce genre de révélations. Dans une contrée où n’importe
quel ministre peut se voir confier n’importe quel portefeuille
ministériel, où un ministre de la Santé peut passer aux Transports, celui
de l’Agriculture à la Santé, celui de l’Industrie à la Culture ou
celui des Sports à l’Information, il est bon, il est sain, il est
salutaire d’établir tout de même des garde-fous, des balises, des lignes
rouges à ne pas dépasser. C’est ce que vient de faire Boutef’ en nous
laissant comprendre, entre les lignes architecturales de son intervention
musclée, que Amar Tou ne pourra jamais se reconvertir en professeur de
dessin. En cela, la gouvernance à l’algérienne a fait un grand pas.
Merci pour elle. Et merci pour le dessin. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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