La commission de finances de l’Assemblée populaire nationale n’aurait approuvé que deux amendements sur les 82 introduits au projet de loi de finances et du budget de l’année 2009. Prévue pour jeudi prochain, l’adoption de ce texte de loi s’annonce houleuse. Tarek Hafid - Alger (Le Soir) - Les pressions exercées ces derniers jours sur les membres de la commission de finances de l’APN semblent avoir porté leurs fruits. Sur les 82 amendements au projet de loi de finances 2009, qui ont été validés par le Bureau de l’APN, seuls 2 ont reçu l’approbation des membres de cette commission. «C’est une première dans les annales de l’Assemblée. Il n’est pas dans les habitudes de la commission d’approuver tous les amendements, mais il y a un minimum. Cette année, elle est passée sous le seuil minimum », a indiqué, hier, une source parlementaire. Selon elle, les membres de cette commission ont suivi «les recommandations» de leurs partis politiques. «En fait, il a été constaté un revirement dans la position des élus, issus majoritairement des partis de l’Alliance présidentielle. Lors de la phase d’étude du projet de texte, un consensus s’était formé autour de certaines dispositions. C’est notamment le cas de la taxe sur les véhicules neufs. Il avait été décidé de revoir cette mesure en instaurant un système de paliers. Mais lors des réunions qui se sont déroulées ce week-end, plusieurs députés ont eu une tout autre position et ont insisté sur le maintien de cette taxe», a ajouté notre source. D’autres informations font état de retrait de certains amendements. L’un d’eux, déposé par un élu du RND de l’immigration, portait sur l’annulation de l’obligation de dépôt de la carte de séjour lors du retour définitif des ressortissants algériens vivant à l’étranger. Cette mesure, prise dans le cadre de la loi de finances complémentaire de l’année 2008, avait soulevé l’indignation de la communauté immigrée. Il est, toutefois, utile de préciser que l’ensemble des amendements (à l’exception de ceux qui ont été retirés par leurs auteurs) seront soumis, un par un, au vote de l’Assemblée jeudi prochain. Un vote qui risque d’être houleux au vu des tensions qui tiraillent certains groupes parlementaires. C’est effectivement le cas du FLN. La situation de la première force politique de l’APN, qui compte 136 élus, est paradoxale. Plusieurs députés de ce parti ont introduit des amendements, notamment pour réviser la taxe sur les véhicules neufs. La direction du parti ayant d’ores et déjà pris la décision de rejeter tous les amendements, quelle serait la réaction des députés FLN lors de la séance d’adoption de la loi de finances ? Suivraient-ils les recommandations de leur formation ou joueraient-ils pleinement leur rôle d’élus du peuple ? Actuellement, tout pronostic est impossible tant les dissensions sont importantes au sein de ce groupe. Idem pour le groupe parlementaire du Mouvement de la société pour la paix (MSP). Quelle serait aussi la réaction de la trentaine de députés contestataires ? Par contre, la position du groupe parlementaire du Rassemblement national démocratique — seconde force avec 62 élus — a l’avantage d’être claire. Les députés suivront à la lettre les ordres de Ahmed Ouyahia, même s’ils sont impopulaires. T. H.
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