samedi 18 octobre 2008
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Actualités : CHANGEMENTS CLIMATIQUES ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE
Comment l’Algérie peut relever le défi


Plus d’un tiers de la production agricole est perdu après la récolte en raison de la non-prise en compte des changements météorologiques, a affirmé Ounar Ferhat de l’Office national de la météorologie (ONM), à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA), coïncidant avec le 16 octobre de chaque année.
Les perturbations climatiques, survenues en 2007, ont été à l’origine de la perte d’environ 20% de la production agricole en Algérie, ajoute Ounar Ferhat. 80% de ces perturbations ont survenu en automne et au printemps, deux saisons durant lesquelles les activités agricoles sont des plus intenses. Ces changements climatiques risquent davantage d’aggraver la situation les années à venir. Les autorités algériennes ont donc pris en charge le problème en installant de nouvelles stations météorologiques, capables de prévenir les catastrophes naturelles et sauver ainsi les récoltes, selon le responsable de l’ONM. Associer les changements climatiques, qui surviennent à l’échelle planétaire, aux changements socioéconomiques locaux est plus que nécessaire, estime-t-il. «Le lancement du programme du renouveau rural s’inscrit dans cette logique qui vise à relancer l’activité agricole », explique le ministre de l’Agriculture, Rachid Benaïssa, dans son allocution à l’inauguration de la JMA, consacrée cette année à «la sécurité alimentaire mondiale et les défis des changements climatiques et des bioénergies ». L’augmentation de la production locale et «l’accroissement substantiel des rendements» sont «les objectifs stratégiques que se fixe le renouveau de l’économie agricole pour assurer la sécurité alimentaire de notre pays et renforcer son indépendance alimentaire», indique le ministre, fort convaincu que l’agriculteur devra être placée au cour de ce dispositif. L’augmentation des aides matérielles et financières allouées aux agriculteurs est considérée comme le seul moyen pour sécuriser le pays contre une crise alimentaire qui ne cesse de s’aggraver avec la multiplication des catastrophes naturelles et de la sécheresse. Ces deux phénomènes contribuent à la hausse des prix des produits alimentaires sur le marché mondial. L’utilisation croissante des biocarburants, qui mobilisent d’importantes surfaces agricoles, est aussi à l’origine de la flambée des prix ces deux dernières années. La politique algérienne du pouvoir d’achat est perçue positivement par le représentant à Alger de l’organisation onusienne pour l’alimentation, la FAO. Daniel Delanois estime aussi qu’à long terme, les subventions de l’Algérie à l’agriculture doivent être revues à la hausse comme cela doit se faire dans l’ensemble des autres pays à travers le monde. Le représentant de la FAO salue au passage «les efforts consentis par le gouvernement algérien à mettre en œuvre de nouveaux moyens et dispositifs afin d’éviter la crise alimentaire qui menace de nombreux pays dans le monde».
L. M.

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