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Université algérienne. Jusque-là, elle était sinistrée. Aujourd’hui,
elle est …
…assassinée !
J’étais là depuis plus d’une heure. Ma gamine
frissonnait de fièvre. Et la porte des urgences pédiatriques de cet
hôpital algérois, en s’ouvrant à la volée, à chaque fois, rajoutait
aux courants d’air qui imposaient leur loi vénéneuse dans l’étroite
salle d’attente. Des enfants. Des enfants partout. Logique, me direz-vous
pour des urgences pédiatriques. Il y en avait sur les genoux de leurs
parents. Il y en avait assis sur les bancs en bois dur. Il y en avait, les
plus nombreux qui avaient réussi à transformer le hall de l’hosto en
cour d’école bruyante, cavalant, pour les plus valides, dans tous les
sens. Les yeux de ma fille, son regard, tout son être me questionnait avec
insistance : «Quand passerons-nous ?» Je ne savais pas. Dans cette cour
des miracles, je n’avais pas les moyens de savoir. Je n’avais que mes
yeux à la recherche d’un visage familier, d’une connaissance, ou tout
bêtement d’un mec ou d’une nana en blouse blanche que les yeux
larmoyants et la fièvre de ma fille auraient poussé à un peu de
compassion, de pitié. De temps à autre, dans l’entrebâillement de la
porte battante apparaissait une infirmière. Coup d’œil circulaire, bref
et presque empreint de reproche pour tout ce monde en attente. Je pris ma
fille dans mes bras, quittai cet endroit, volai littéralement vers le
parking pour abréger ses souffrances. Et les miennes. Plusieurs heures
après, la fièvre retombée, le sourire revenu dans ses mirettes et la
«normalisation» si chère aux parents s’étant réinstallée, je ne
savais pas encore. Je ne savais pas ce qui m’avait vraiment sorti de mes
gonds dans ces urgences. Le sort de ces enfants et de leurs parents livrés
à la cohue, à la queue et aux errements. Le formidable mixeur de germes
pathogènes qu’étaient devenues ces urgences. Ou peut-être juste un
panonceau. Une feuille de papier 21/27 scotchée sur une chemise cartonnée
elle-même attachée au mur par des agrafes, juste audessus de la salle d’auscultation.
Et sur l’affichette, ce texte : «Un cahier de doléances est mis à la
disposition du public.» Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
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