lundi 20 octobre 2008
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LA CERISE SUR LE GÂTEAU POURRI !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Université algérienne. Jusque-là, elle était sinistrée. Aujourd’hui, elle est …

…assassinée !

J’étais là depuis plus d’une heure. Ma gamine frissonnait de fièvre. Et la porte des urgences pédiatriques de cet hôpital algérois, en s’ouvrant à la volée, à chaque fois, rajoutait aux courants d’air qui imposaient leur loi vénéneuse dans l’étroite salle d’attente. Des enfants. Des enfants partout. Logique, me direz-vous pour des urgences pédiatriques. Il y en avait sur les genoux de leurs parents. Il y en avait assis sur les bancs en bois dur. Il y en avait, les plus nombreux qui avaient réussi à transformer le hall de l’hosto en cour d’école bruyante, cavalant, pour les plus valides, dans tous les sens. Les yeux de ma fille, son regard, tout son être me questionnait avec insistance : «Quand passerons-nous ?» Je ne savais pas. Dans cette cour des miracles, je n’avais pas les moyens de savoir. Je n’avais que mes yeux à la recherche d’un visage familier, d’une connaissance, ou tout bêtement d’un mec ou d’une nana en blouse blanche que les yeux larmoyants et la fièvre de ma fille auraient poussé à un peu de compassion, de pitié. De temps à autre, dans l’entrebâillement de la porte battante apparaissait une infirmière. Coup d’œil circulaire, bref et presque empreint de reproche pour tout ce monde en attente. Je pris ma fille dans mes bras, quittai cet endroit, volai littéralement vers le parking pour abréger ses souffrances. Et les miennes. Plusieurs heures après, la fièvre retombée, le sourire revenu dans ses mirettes et la «normalisation» si chère aux parents s’étant réinstallée, je ne savais pas encore. Je ne savais pas ce qui m’avait vraiment sorti de mes gonds dans ces urgences. Le sort de ces enfants et de leurs parents livrés à la cohue, à la queue et aux errements. Le formidable mixeur de germes pathogènes qu’étaient devenues ces urgences. Ou peut-être juste un panonceau. Une feuille de papier 21/27 scotchée sur une chemise cartonnée elle-même attachée au mur par des agrafes, juste audessus de la salle d’auscultation. Et sur l’affichette, ce texte : «Un cahier de doléances est mis à la disposition du public.» Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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