Culture : AU SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D’ALGER (SILA)
Rien ne va plus !


Au premier jour du Salon international du livre d’Alger (Sila), la situation semble déjà échapper au comité d’organisation. 13e édition d’un rendez-vous plébiscité comme incontournable, les ratages s’accumulent.

Au premier plan, la thématique choisie ne reflète en rien la réalité du terrain. L’enfance et la jeunesse sont totalement absoutes de toutes apparences même superficielles du Salon. Les vendeurs de livres n’ont ménagé aucun effort pour agrémenter leurs stands. Exception faite pour quelques-uns à l’exemple des éditions Barzakh et Dalimens. Si les importateurs ont été mis à la porte cette année pour éviter l’amoncellement des cartons et autres emballages, la situation est à l’évidence identique. Avec ou sans, les allées du pavillon mal éclairé sont désespérément monotones. Lorsqu’elles ne sont pas désertes. On n’y échappe pas, cette année aussi beaucoup de stands attribués sont vides ou encore transformés en débarras. Celui de l’Union des éditeurs tunisiens force l’indignation. Au Pavillon central, une bâche aux couleurs de la Tunisie recouvre un stand «fourre-tout et n’importe quoi». Il est clair qu’un premier bilan s’impose pour le comité d’organisation qui avait annoncé l’édition de la maturité.

Une organisation redoutable…
L’édition de la maturité a cédé la place sans concession à des dépassements de toutes natures. D’abord celle d’une organisation prétendument entamée depuis une année par Ahmed Boucenna, directeur des éditions Anep et président du comité d’organisation lors de la conférence de presse qui a précédé l’ouverture officielle du Salon. A la Safex, des éditeurs ne parviennent toujours pas à comprendre pourquoi les formalités d’accès au Salon ne sont autorisées que trois jours avant l’ouverture. Comme ils ne comprennent pas qu’il n’y ait qu’un seul et unique transitaire pour gérer les 23 pays participants au Sila.

Des auteurs sur liste rouge !
Autre événement des plus choquants, la liste des ouvrages interdits apparaît comme un entraînement sportif au tir au pigeon. Full : au premier mot, titre, verbe, nom faisant référence au pouvoir, terrorisme… est immédiatement inscrit sur liste rouge. Ahmed Boucenna peut se targuer d’avoir battu tous les records de la censure. Son passage à la gestion du Salon du livre restera gravé dans les annales. Son équipe peut se féliciter aussi d’avoir rehausser ce Salon au rang du cercle des intellectuels disparus. Si Mohamed Benchicou, auteur des Geôles d’Alger a ouvert le bal l’année précédente, Boualem Sansal ( Le village de l’Allemand), Salim Bachi ( Tuons-les tous), J. M. Gustave Leclezio, Youssef Seddik ( Qui sont les barbares ?), Jean Pelligrini ( Ma mère l’Algérie), Philomène Bon et Karine Thomas ( 10 balades à Alger)… et la liste est encore longue, l’ont suivi de près. Cette liste de la «honte», comme certains la surnomme déjà, a été contestée par quelques éditeurs qui ont introduit un recours auprès du comité d’organisation. On notera juste au passage et pour le paradoxe que certains de ces ouvrages sont en vente libre dans toutes les librairies d’Algérie.

Yasmina Khadra ne viendra pas
Finalement, c’est la Tunisie que Mohamed Moulsehoul alias Yasmina Khadra a choisi d’honorer de sa présence. Aux journées cinématographiques de Carthage, l’auteur de Ce que le jour doit à la nuit,récemment paru aux éditions Sedia, préside le jury. Nonobstant le fait que Yasmina Khadra a adressé une lettre au comité d’organisation pour lui signifier sa non-participation, le comité a quand même annoncé en fanfare la venue de l’illustre écrivain.

Menaces et pick-pockets au SILA
Dans les allées des pavillons des échos retentissent. Et là il ne s’agit pas de la cacophonie engendrée par les envolées émanant du stand réservé à la Radio nationale ou encore celle de la fondation Moufdi-Zakaria et de l’Office national Riad El- Feth (Oref), mais les menaces d’agressions à l’arme blanche par des voyous à l’encontre des vendeuses de livres. Une scène dramatique dans un lieu qui est censée rayonner au firmament de la culture. Un jeune, apparemment rabroué par une vendeuse, a simplement juré au vu et au su de tous de lui balafrer le visage à la sortie. Un peu plus loin, on assiste à une autre scène : deux petits jeunes se faufilant entre les visiteurs tentent de dépouiller une jeune fille. Autour, des agents de sécurité hurlent dans les talkieswalkies mais ne voient rien de la scène. Trop absorbés ! La jeune fille s’aperçoit à temps, les pickpockets se sont déjà évaporés dans la nature. Faut-il se faire escorter ?

Le livre religieux en pole position
Sans surprise ! Le livre religieux a son public. Cette édition n’échappera pas à la tradition. Bien sûr il ne s’agit pas de lecteur assidu mais de revendeurs avertis. Des promotions de gros sont accordées avec beaucoup de facilité. Et pour encourager ceux qui hésitent, quelques titres sont mêmes offerts. On precisera en parralléle que 1471 livres religieux à caractère subversif ont été refusés par la comission de lecture du ministère des Affaires religieuses. En conclusion, cette première journée, le Sila offre l’image d’un rendez- vous qui a beaucoup de mal à prendre son envol.
Samira Hadj Amar

 

 

PROGRAMME D’ANIMATIONESPACE MEZZANINE
Jusqu’au au 4 novembre :

Atelier bande dessinée, animation jeunesse, ateliers avec les étudiants des Beaux-Arts, scouts, ateliers avec des établissements spécialisés.

CAFÉ LITTÉRAIRE
Aujourd’hui

11h-12h : «Lecture des tags dans les rues d’Alger», animé par Fatima Oussedik
13h-14h : «L’avenir des librairies au Maghreb», animé par Aslia
14h-15h : «L’île au trésor», animé par Kebir Ammi Mustapha (France)
Lundi 3 novembre
11h-11h30 Présentation d’ouvrages
11h30-13h «Monde arabe et médias occidentaux», animé par Pascal Boniface (France)
13h-14h Salle Ali-Maâchi «La littérature de jeunesse au Maghreb et en Afrique de l’Ouest», animé par Alliance des éditeurs indépendants (France)
13h-14h Présentation d’ouvrages
14h-15h «Le conte reflet du système des valeurs», animé par Véronique Lagny Delatour (France)
15h-16h «Les orientations et les tendances de l’écriture, de l’illustration et de l’édition pour les jeunes en Italie», animé par Livio Sossi (Italie)
16h-17h «Une enfance à Mahdia», animé par Moncef Ghachem
17h-18h Rencontre avec Yasmina Khadra 
Mardi 4 novembre
11h-12 h Conférence de presse : «L’activité culturelle du Haut-Conseil islamique», animé par Chikh Bouamrane (président du HCI)
11h-13 h Cérémonie d’attributoin du prix Aslia, animé par Dar El Djazaïr (Safex) 
13h-14h «Les crises du monde musulman», animé par Mohamed Lakhdar Maougal et Abderezak Dourari
14h-15h Salle Ali-Maâchi Débat sur la politique du livre en Algérie, animé par les professionnels du livre 
15h-16h30 Rencontre entre éditeurs africains et européens animé par Alliance des éditeurs indépendants (France)
Mardi 4 novembre
15h-16h La pratique du langage des signes animé par Boutaghène Mohamed- Tahar et Nououi Zerouk Ali 
16h-17h30 Salle Ali-Maâchi Conférence par le Haut- Conseil de la langue arabe Les classiques de la littérature
16h30 - 18h30 «Alice au pays des merveilles », animé par Sofiane Hadjadj «Le Petit prince de Saint Exupéry», animé par Amina Bekkat «Djeha», animé par Cherif Ladraâ
Mercredi 5 novembre
Présentation d’ouvrages Clôture du salon Jusqu’au 5 novembre 2008 à 15h00 programme de signatures Casbah Editions Aujourd’hui 
Ambassadeur de Pérou : «Al Andalous au Pérou» ; Abdel’alim Medjaoui : «Le géant aux yeux bleux»
Demain
Ahmed Taleb Ibrahimi : Mémoire d’un Algérien (tome 2) : la passion de bâtir (1965-1978)
Samedi 1er novembre
George Er Rassi : La religion et Etat en Algérie
Dimanche 2 novembre
Youcef Merahi : “Post scriptum”, Larbi Icheboudène : Alger, histoire d’une capitale
Lundi 3 novembre
Samira Guebli : Baâda an samata ar-rassas Abdel’alim Medjaoui : Le géant aux yeux bleux
Mardi 4 novembre
Chérifa Bouatta : Les traumatismes collectifs en Algérie
Mercredi 5 novembre
Mustapha Tounsi : La Wilaya IV itinéaire d’un rescapé”

PROGRAMME DES VENTES-DÉDICACES AU STAND DES ÉDITIONS CHIHAB
Aujourd’hui à 15h Chawki Amari signe son recueil de nouvelles A trois degrés vers l’est
Demain à 15h
Hachemi Saïd signe son recueil de contes Qissas chaâbia djazaïria Samedi 1er novembre à 15h
Hakim Laâlam signe son livre Enseignes en folie
Lundi 3 novembre à 15h
Nasser Djabi signe son ouvrage Algérie : Etat et élites
STAND ENAG
Aujourd’hui à 14h Sétif histoire et civilistion, Chadia Khalfellah Et à 15h
Quelles énergies pour demain ? Chems Eddine Chitour
Demain à 14h
Cardinal Léon Duval la voix d’un juste, Denis Gonzales Raconte-moi ta ville relire les itiffaqat, Fatma Oussedik 
Samedi 1er novembre à 14h
Larbi Ben M’hidi, El-Hachemi Trodi
Lundi 3 novembre à 14h
Les racines de la musique aurasienne Ounici
Mohamed Salah

lesoirculture@lesoirdalgerie.com

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