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En ce jour de deuil, toutes mes condoléances à
mes concitoyennes, concitoyens et à l’Algérie.
Allah Yarham la démocratie !
C’est un phénomène étrange. Observé depuis quelques heures au niveau de
Club-des-Pins, la banlieue interdite d’Alger. Une éclipse du soleil. Les
météorologues dépêchés sur place ne quittent pas des yeux la CHOSE. Parce qu’il
faut bien appeler cette chose-là la CHOSE. Il ne s’agit pas d’une éclipse
solaire habituelle, identifiée et répertoriée par les scientifiques. Non ! Là,
nous sommes bien forcés de reconnaître qu’il s’agit d’un phénomène
extraordinaire, au sens de sortant totalement de l’ordinaire. La lune et le
soleil ne se sont pas croisés pour qu’apparaisse cette éclipse. Aucun autre
astre ne s’est mis en travers du soleil. Il ne s’agit pas non plus d’une
accumulation gigantesque de nuages qui auraient ainsi produit le même effet
qu’une éclipse en s’intercalant entre le soleil et nous. Non ! Rien de tout cela
! Le point de naissance de ce phénomène vraiment étrange a été localisé au
palais des Nations. D’abord timide, puis allant crescendo, il s’est finalement
imposé jusqu’à masquer totalement le soleil. C’est d’ailleurs la première et
unique fois qu’une action sur le soleil trouve son point de départ à partir du
sol, de la terre. Et non pas dans le ciel. Munis de leurs dictaphones, comme
tout bon scientifique qui se respecte, les nôtres ont enregistré des témoignages
concordants. Tous parlent d’une voix. Une voix qui aurait prononcé une phrase.
Pas deux ! Pas trois ! Mais une seule phrase : «Qui vote OUI lève le bras !» Et
c’est à ce moment précis, juste après le S de BRAS, que le phénomène s’est
brutalement déclenché. Une forêt de bras tentaculaires a crevé le plafond du
palais des Nations pour s’élever vers le ciel. Un témoin, agronome de formation,
a tenu à préciser : «Lorsque je dis Forêt, il faut bien comprendre forêt
amazonienne, et pas le petit bosquet de Bouchaoui !» Une précision de taille qui
explique qu’une forêt de bras levés haut puisse arriver à la CHOSE. Une éclipse
du soleil causée par une forêt de bras de députés et de sénateurs. Inouïe ! A
l’heure où j’envoie cette chronique au journal, les scientifiques, encore sur
place, sont en face d’un autre phénomène encore plus étrange. La forêt de bras
de députés et de sénateurs s’est rabaissée, a regagné le sol, mais le soleil est
toujours masqué, voilé. Comme pour une éclipse permanente et éternelle. Rabbi
yestar ! Je fume du thé et je reste éveillé dans le noir, le cauchemar continue.
H. L.
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