Le Parti des travailleurs vient de perdre cinq de ses députés qui ont rejoint les rangs du FLN. Une défection qui est intervenue à la veille du vote par le Parlement de la nouvelle mouture de la Constitution. Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Une situation qui a poussé les chefs des deux partis à se rencontrer. Louisa Hanoune et Abdelaziz Belkhadem ont, en effet, évoqué ce départ. Le groupe parlementaire de la formation de Louisa Hanoune passe ainsi de 26 à 21. Au Parti des travailleurs, ce départ est commenté sans ménagement. Djelloul Djoudi le qualifie de «trahison caractérisée». Contacté hier, M. Djoudi a tenu à expliquer les raisons de cette migration vers le FLN. «Je dois revenir sur certaines résolutions du congrès du parti qui définissent clairement le statut des députés. En ce qui concerne les salaires, les choses sont très claires : les députés le reçoivent dans le compte du parti qui leur reverse une partie selon le point indiciaire le plus haut de la Fonction publique. Personne n’échappe à cette règle, même pas la secrétaire générale du parti.» Des dispositions qui sont à l’origine du départ des 5 députés, dit M. Djoudi qui ajoute que «ces 5 députés ont voté conformément aux directives du parti contre l’ordonnance fixant les indemnités des députés mais nous nous sommes rendu compte tout de suite après qu’ils avaient, en catimini, pris attache avec l’administration de l’APN pour que leurs salaires ne soient plus virés sur le compte du parti mais sur leurs propres comptes. C’est une violation des règles du parti». Ayant découvert cela, la direction du parti a aussitôt suspendu leur adhésion au PT, car, explique M. Djoudi, «ils ont trahi la confiance des citoyens qui ont voté pour eux en tant que députés du PT. C’est une trahison caractérisée qui n’a aucun lien avec les divergences politiques ». Quel impact peut avoir cette défection sur le parti ? «Aucune», répond M. Djoudi qui estime que le PT est fort de ses militants et de ses principes parmi lesquels le rejet en bloc du nomadisme politique. D’ailleurs, à ce sujet, notre interlocuteur explique que «le PT avait proposé un texte pour préserver le multipartisme. Parmi les dispositions incluses, la lutte contre le nomadisme. On considère au PT que le mandat est sacré et qu’il doit être respecté. Lorsqu’un élu décide de ne plus remplir sa mission, il doit nécessairement remettre son mandat entre les mains du parti pour éviter justement que les voix des électeurs ne soient détournées». N. I.
Nombre de lectures : 1661
|