jeudi 13 novembre 2008
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Régions : UNIVERSITÉ DE TIZI-OUZOU
Grève ouverte au département de français


Vingt salles pour 1 800 étudiants, 700 de 1re année, répartis en 40 groupes, une bibliothèque qui fonctionne 4 heures par jour avec un seul bibliothécaire et, de temps à autre, un vacataire, un chef de département rétif à toute revendication ou proposition du comité autonome, un conseil pédagogique qui ne se réunit qu’à la veille des examens, suprématie de l’administration sur le conseil scientifique, blocage de l’école doctorale depuis 2003, refus de prise en charge des activités culturelles et scientifiques des étudiants…

La listes des récriminations du comité autonome des étudiants du département de français vis-à-vis de l’administration, à l’origine du mouvement de grève déclenché depuis le 4 novembre, pourrait s’allonger pour illustrer la mélasse au sein de ce département. Il faut croire que le courant ne passe plus entre les représentants des étudiants et l’administration de ce département. La situation est préoccupante au niveau pédagogique. Une raison suffisante pour que le comité autonome, membre de la coordination locale, ait eu recours à une grève ouverte et à un point de presse sur la situation qui prévaut au sein dudit département. Au premier coup d’œil sur la plate-forme de revendications comprenant 17 doléances, 9 pédagogiques et 8 d’équipements, le caractère réaliste des demandes saute aux yeux, leur satisfaction paraît tout à fait possible et à la portée de l’administration. La réactivation de l’école doctorale devant permettre aux étudiants d’accéder à la postgraduation devrait s’inscrire parmi les objectifs valorisants de la gestion du département et de l’université dans son ensemble. Celle-ci devait s’ouvrir en partenariat avec les universités françaises à l’instar de Béjaïa et Alger qui ont donné suite au séminaire qui s’est tenu en 2003 à Béjaïa, affirme le conférencier regrettant le blocage au niveau de Tizi-Ouzou. L’application des textes régissant le CS et le CP telle que formulée dans la plateforme des revendications n’est pas un acte d’hostilité du comité autonome vis-à-vis de l’administration sachant que celle-ci devrait être soucieuse du bon fonctionnement de son établissement et de la bonne entente entre elle-même et les étudiants. Les étudiants se plaignent du refus de prise en charge des activités culturelles et scientifiques initiées par leur structure déplorant le traitement réservé à leurs invités et même le refus de transporter les étudiants désirant se rendre à la Foire internationale du livre. L’encadrement des étudiants en fin de cycle se fait encore, selon le porte-parole du comité, par des titulaires de magistère au moment où l’on note le refus de reconnaître des titres de doctorat acquis à l’étranger. En explicitant les points essentiels de la plate-forme des revendications, le porte-parole du comité autonome, entouré par une quinzaine de ses collègues, souligne que la grève ouverte, terme préféré au vocable illimité, se poursuivra jusqu à la satisfaction des 4 points incontournables, comme le réaménagement de la bibliothèque sur tous les plans, l’ouverture de l’école doctorale, la réhabilitation des CS et CP dans leurs missions réglementaires respectives et l’inscription à l’année universitaire 2008/2009 de Youcef Rekai, représentant des étudiants, arbitrairement bloqué par le chef de département en dépit du témoignage motivé, notamment du vice-recteur chargé de la formation graduée. Ce blocage constitue, aux yeux des étudiants, une preuve flagrante de l’hostilité du directeur du département vis-à-vis des activités syndicales assumées par l’étudiant en question dans le cadre du comité autonome, partie intégrante de la coordination locale des étudiants, a-t-on souligné.
B. T.

ÉDUCATION
Après les syndicats autonomes, l’UGTA menace de recourir à la grève

Au moment même où, entre autres secteurs d’activité touchés par l’appel à la grève générale lancé par la Coordination des syndicats autonomes de la Fonction publique, une bonne partie des établissements scolaires de Tizi-Ouzou étaient paralysés, le Syndicat d’entreprise de l’éducation (Sete-UGTA) rendait publique une déclaration assortie d’un… préavis de grève. Simple coïncidence ou tentative de diversion ?
Quoi qu’il en soit, dans son compte rendu de la session tenue le 5 novembre, mais qui n’a été diffusé qu’hier, le secrétaire général du Sete a été tout ce qu’il y a de prolixe en interpellations. D’abord à l’endroit du directeur de l’éducation qu’il exhorte à «ne ménager aucun effort» pour trouver une solution à la sempiternelle question du règlement des situations financières des travailleurs de l’éducation, entre arriérés de salaires, primes et rappels. Une récurrente revendication qui a valu les pires problèmes à tous les responsables du secteur de l’éducation qui se sont succédé depuis plusieurs années à Tizi-Ouzou. Puis, pour mettre fin à ces affres que connaissent les personnels de l’enseignement lorsque arrive le moment de perception des salaires. Le Sete préconise que les pouvoirs publics, le wali en tête, mettent en place une agence comptable au niveau du siège de la direction de l’éducation. Une revendication vieille de quelques années déjà, mais toujours considérée comme l’unique moyen, si l’on se fie à l’argumentaire de l’UGTA, qui permettra de mettre un terme aux retards et omissions quand arrive le moment du versement des salaires des fonctionnaires de l’éducation. Le Sete, par l’entremise de son secrétaire général, n’a pas manqué également de s’immiscer dans le volet pédagogique en interpellant le ministre pour reconsidérer sa politique, conseillant l’allègement des programmes et du volume horaire, pour une prise en charge réelle et efficiente des matières enseignées. La lecture du nouveau statut particulier, sur lequel les travailleurs avaient fondé beaucoup d’espoir, n’inspire pas l’allégresse chez les syndicalistes de l’UGTA. Au contraire, ils considèrent le fameux statut tout simplement pénalisant, voire «dégradant et discriminatoire» pour certaines catégories de travailleurs de l’éducation qui, de l’avis du Sete-UGTA de Tizi-Ouzou, ne sont pas convenablement défendus par l’organe supérieur : la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE), accusée de se complaire dans son fauteuil au lieu d’investir le champ de la revendication tel que l’exigent les adhérents de l’UGTA, affirme le secrétaire général du Sete- UGTA de Tizi-Ouzou. Visiblement très remontés, et pour conclure leur sortie de manière tonitruante, les syndicalistes UGTA du secteur de l’éducation ont décidé de lancer un préavis de grève «ouvert chaque 15 du mois ; au-delà de cette date, les travailleurs de l’éducation entreront en grève illimitée jusqu’au versement de la paie». A sa manière donc, le Sete-UGTA entend s’impliquer dans le mouvement de revendication qui secoue la Fonction publique.
Azedine Maktour

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