Vingt salles pour 1 800 étudiants, 700 de 1re année, répartis en 40 groupes, une bibliothèque qui fonctionne 4 heures par jour avec un seul bibliothécaire et, de temps à autre, un vacataire, un chef de département rétif à toute revendication ou proposition du comité autonome, un conseil pédagogique qui ne se réunit qu’à la veille des examens, suprématie de l’administration sur le conseil scientifique, blocage de l’école doctorale depuis 2003, refus de prise en charge des activités culturelles et scientifiques des étudiants…
La listes des récriminations du comité autonome des étudiants du
département de français vis-à-vis de l’administration, à l’origine du
mouvement de grève déclenché depuis le 4 novembre, pourrait s’allonger
pour illustrer la mélasse au sein de ce département. Il faut croire que
le courant ne passe plus entre les représentants des étudiants et
l’administration de ce département. La situation est préoccupante au
niveau pédagogique. Une raison suffisante pour que le comité autonome,
membre de la coordination locale, ait eu recours à une grève ouverte et
à un point de presse sur la situation qui prévaut au sein dudit
département. Au premier coup d’œil sur la plate-forme de revendications
comprenant 17 doléances, 9 pédagogiques et 8 d’équipements, le caractère
réaliste des demandes saute aux yeux, leur satisfaction paraît tout à
fait possible et à la portée de l’administration. La réactivation de
l’école doctorale devant permettre aux étudiants d’accéder à la
postgraduation devrait s’inscrire parmi les objectifs valorisants de la
gestion du département et de l’université dans son ensemble. Celle-ci
devait s’ouvrir en partenariat avec les universités françaises à
l’instar de Béjaïa et Alger qui ont donné suite au séminaire qui s’est
tenu en 2003 à Béjaïa, affirme le conférencier regrettant le blocage au
niveau de Tizi-Ouzou. L’application des textes régissant le CS et le CP
telle que formulée dans la plateforme des revendications n’est pas un
acte d’hostilité du comité autonome vis-à-vis de l’administration
sachant que celle-ci devrait être soucieuse du bon fonctionnement de son
établissement et de la bonne entente entre elle-même et les étudiants.
Les étudiants se plaignent du refus de prise en charge des activités
culturelles et scientifiques initiées par leur structure déplorant le
traitement réservé à leurs invités et même le refus de transporter les
étudiants désirant se rendre à la Foire internationale du livre.
L’encadrement des étudiants en fin de cycle se fait encore, selon le
porte-parole du comité, par des titulaires de magistère au moment où
l’on note le refus de reconnaître des titres de doctorat acquis à
l’étranger. En explicitant les points essentiels de la plate-forme des
revendications, le porte-parole du comité autonome, entouré par une
quinzaine de ses collègues, souligne que la grève ouverte, terme préféré
au vocable illimité, se poursuivra jusqu à la satisfaction des 4 points
incontournables, comme le réaménagement de la bibliothèque sur tous les
plans, l’ouverture de l’école doctorale, la réhabilitation des CS et CP
dans leurs missions réglementaires respectives et l’inscription à
l’année universitaire 2008/2009 de Youcef Rekai, représentant des
étudiants, arbitrairement bloqué par le chef de département en dépit du
témoignage motivé, notamment du vice-recteur chargé de la formation
graduée. Ce blocage constitue, aux yeux des étudiants, une preuve
flagrante de l’hostilité du directeur du département vis-à-vis des
activités syndicales assumées par l’étudiant en question dans le cadre
du comité autonome, partie intégrante de la coordination locale des
étudiants, a-t-on souligné.
B. T.
ÉDUCATION
Après les syndicats autonomes, l’UGTA menace de recourir à la grève
Au moment même où, entre autres secteurs d’activité touchés par
l’appel à la grève générale lancé par la Coordination des syndicats
autonomes de la Fonction publique, une bonne partie des établissements
scolaires de Tizi-Ouzou étaient paralysés, le Syndicat d’entreprise de
l’éducation (Sete-UGTA) rendait publique une déclaration assortie d’un…
préavis de grève. Simple coïncidence ou tentative de diversion ?
Quoi qu’il en soit, dans son compte rendu de la session tenue le 5
novembre, mais qui n’a été diffusé qu’hier, le secrétaire général du
Sete a été tout ce qu’il y a de prolixe en interpellations. D’abord à
l’endroit du directeur de l’éducation qu’il exhorte à «ne ménager aucun
effort» pour trouver une solution à la sempiternelle question du
règlement des situations financières des travailleurs de l’éducation,
entre arriérés de salaires, primes et rappels. Une récurrente
revendication qui a valu les pires problèmes à tous les responsables du
secteur de l’éducation qui se sont succédé depuis plusieurs années à
Tizi-Ouzou. Puis, pour mettre fin à ces affres que connaissent les
personnels de l’enseignement lorsque arrive le moment de perception des
salaires. Le Sete préconise que les pouvoirs publics, le wali en tête,
mettent en place une agence comptable au niveau du siège de la direction
de l’éducation. Une revendication vieille de quelques années déjà, mais
toujours considérée comme l’unique moyen, si l’on se fie à
l’argumentaire de l’UGTA, qui permettra de mettre un terme aux retards
et omissions quand arrive le moment du versement des salaires des
fonctionnaires de l’éducation. Le Sete, par l’entremise de son
secrétaire général, n’a pas manqué également de s’immiscer dans le volet
pédagogique en interpellant le ministre pour reconsidérer sa politique,
conseillant l’allègement des programmes et du volume horaire, pour une
prise en charge réelle et efficiente des matières enseignées. La lecture
du nouveau statut particulier, sur lequel les travailleurs avaient fondé
beaucoup d’espoir, n’inspire pas l’allégresse chez les syndicalistes de
l’UGTA. Au contraire, ils considèrent le fameux statut tout simplement
pénalisant, voire «dégradant et discriminatoire» pour certaines
catégories de travailleurs de l’éducation qui, de l’avis du Sete-UGTA de
Tizi-Ouzou, ne sont pas convenablement défendus par l’organe supérieur :
la Fédération nationale des travailleurs de l’éducation (FNTE), accusée
de se complaire dans son fauteuil au lieu d’investir le champ de la
revendication tel que l’exigent les adhérents de l’UGTA, affirme le
secrétaire général du Sete- UGTA de Tizi-Ouzou. Visiblement très
remontés, et pour conclure leur sortie de manière tonitruante, les
syndicalistes UGTA du secteur de l’éducation ont décidé de lancer un
préavis de grève «ouvert chaque 15 du mois ; au-delà de cette date, les
travailleurs de l’éducation entreront en grève illimitée jusqu’au
versement de la paie». A sa manière donc, le Sete-UGTA entend
s’impliquer dans le mouvement de revendication qui secoue la Fonction
publique.
Azedine Maktour
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