jeudi 13 novembre 2008
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À LA VIE À LA MORT !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

En Algérie, plus que dans tout autre pays au monde, les députés ont… 

…le bras long !

Il y a un goût d’inachevé laissé par ce vote agrément au mandat à vie. Je trouve que les députés, les sénateurs et ceux qui leur graissent le bras sont restés timides, limite frileux. Les avancées vers l’arrière, soit on les fait de manière franche et résolue, soit on s’abstient. Et dans ce cadre en bois bouffé par les mites, je trouve qu’il faut oser. Oser aller encore plus loin que la non-limitation des mandats. Pourquoi ne pas profiter de la présence des «élus du peuple» sur place, dans le bantoustan doré de Club-des- Pins pour les mettre dès aujourd’hui à contribution. Ils ne refuseront pas. Ils n’ont jamais refusé. Ils ne veulent pas refuser. Et de toutes les façons, ils ne peuvent pas refuser. Alors, demandons-leur de voter dans la foulée, leur foulée ample et gracieuse qui enjambe de si belle manière la démocratie, de se prononcer sur une nouvelle forme de mandat présidentiel, plus audacieuse. UN MANDAT A VIE ET A MORT. Car la nouvelle mouture tamponnée hier au palais des Nations porte en elle des restrictions pouvant s’avérer dangereuses pour l’avenir de l’Algérie. L’arrêt du cycle biologique de vie ne doit pas déstabiliser le pays. Pour cela, un nouvel amendement introduirait un mandat à vie et à mort. Une fois décédé, le président à vie continuerait à régner. C’est d’abord un témoignage fort de respect et de remerciement pour tous ses échecs et l’ensemble des chantiers annoncés, mais non réalisés. C’est un gage ensuite de stabilité assurée et de gain de temps appréciable. Eh oui ! Finis les longs plaidoyers des partis d’opposition dans lesquels RCD et MDS demandent au chef de l’Etat de rendre des comptes sur sa gestion du pays. On ne demande pas ça à un défunt, hein ? Le mandat à la vie et à la mort permet ensuite de justifier chaque acte de gestion par la légitimité atemporelle. Pour tout et n’importe quoi, nous nous verrions répondre «c’est comme ça ! De toutes les manières, s’il était encore de ce monde, notre cher président aurait agi de la sorte. Rappelez-vous, en 2004 n’avait-il pas déjà…». Assurément, il n’y a qu’avantages à tirer d’un tel amendement. Faut le faire vite. Tant que les bras sont encore chauds. Quant à ceux qui voient d’un mauvais œil envieux un mandat à vie et à mort, ils n’auront qu’à faire comme d’hab’. Fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.

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