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En Algérie, plus que dans tout autre pays au
monde, les députés ont…
…le bras long !
Il y a un goût d’inachevé laissé par ce vote agrément au mandat à vie. Je
trouve que les députés, les sénateurs et ceux qui leur graissent le bras sont
restés timides, limite frileux. Les avancées vers l’arrière, soit on les fait de
manière franche et résolue, soit on s’abstient. Et dans ce cadre en bois bouffé
par les mites, je trouve qu’il faut oser. Oser aller encore plus loin que la
non-limitation des mandats. Pourquoi ne pas profiter de la présence des «élus du
peuple» sur place, dans le bantoustan doré de Club-des- Pins pour les mettre dès
aujourd’hui à contribution. Ils ne refuseront pas. Ils n’ont jamais refusé. Ils
ne veulent pas refuser. Et de toutes les façons, ils ne peuvent pas refuser.
Alors, demandons-leur de voter dans la foulée, leur foulée ample et gracieuse
qui enjambe de si belle manière la démocratie, de se prononcer sur une nouvelle
forme de mandat présidentiel, plus audacieuse. UN MANDAT A VIE ET A MORT. Car la
nouvelle mouture tamponnée hier au palais des Nations porte en elle des
restrictions pouvant s’avérer dangereuses pour l’avenir de l’Algérie. L’arrêt du
cycle biologique de vie ne doit pas déstabiliser le pays. Pour cela, un nouvel
amendement introduirait un mandat à vie et à mort. Une fois décédé, le président
à vie continuerait à régner. C’est d’abord un témoignage fort de respect et de
remerciement pour tous ses échecs et l’ensemble des chantiers annoncés, mais non
réalisés. C’est un gage ensuite de stabilité assurée et de gain de temps
appréciable. Eh oui ! Finis les longs plaidoyers des partis d’opposition dans
lesquels RCD et MDS demandent au chef de l’Etat de rendre des comptes sur sa
gestion du pays. On ne demande pas ça à un défunt, hein ? Le mandat à la vie et
à la mort permet ensuite de justifier chaque acte de gestion par la légitimité
atemporelle. Pour tout et n’importe quoi, nous nous verrions répondre «c’est
comme ça ! De toutes les manières, s’il était encore de ce monde, notre cher
président aurait agi de la sorte. Rappelez-vous, en 2004 n’avait-il pas déjà…».
Assurément, il n’y a qu’avantages à tirer d’un tel amendement. Faut le faire
vite. Tant que les bras sont encore chauds. Quant à ceux qui voient d’un mauvais
œil envieux un mandat à vie et à mort, ils n’auront qu’à faire comme d’hab’.
Fumer du thé pour rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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