
Actualités : Déclaration du MDS
Le harcèlement policier auquel ont été soumis les militants du MDS qui dénonçaient la révision antidémocratique de la Constitution est une pratique qui révèle les intentions réelles du pouvoir. La répression, le choix de la voie parlementaire, la véritable opération de corruption des parlementaires, et la précipitation avec laquelle le pouvoir a réalisé la révision de la Constitution soulignent la volonté de confisquer un débat qui aurait dû concerner l’ensemble de la nation algérienne. C’est pour marquer son refus d’une telle dérive despotique que le MDS a retiré le 10 novembre 2008 sa confiance au député élu sur une liste du mouvement établie avec une volonté d’ouverture. Au moment où les députés de certains partis rejoignent les groupes parlementaires des partis de l’alliance présidentielle, le MDS tient ainsi à réaffirmer que le mode de révision choisi n’est en rien légitime. Cette révision ne saurait, en effet, être comparée à la révision qui avait reconnu le caractère national de tamazight. Il s’agissait alors d’une revendication populaire authentique portée par un mouvement citoyen puissant et des générations de militants et dont il aurait été illégitime de la soumettre à un référendum. Les pseudo concessions faites pour favoriser les candidatures féminines ne sauraient masquer l’objet réel de la révision. Au cœur de cette révision se pose la question démocratique de l’alternance. Le monde qui s’est engoué pour le changement du Zimbabwe aux Etats-Unis doit s’alerter du véritable chantage que Bouteflika impose au pays. Il s’agit d’un grave fait accompli. Le MDS qui a dénoncé d’autres faits accomplis comme l’imposition de «La charte pour la paix et la réconciliation nationale» après un simulacre de référendum qui aurait drainé plus de citoyens que le référendum pour l’indépendance nationale, a constaté l’inanité de telles méthodes alors que la grande majorité des citoyens avait refusé de participer. Le résultat c’est que le terrorisme qui pratique les attentats suicide est devenu insensible aux offres répétées d’amnistie. On n’obtient pas de succès en tournant le dos à la société. Après la quasi unanimité de 500 voix pour et seulement 21 voix contre, nous avons la confirmation de l’hégémonisme et de la volonté d’uniformisation du paysage politique. Le Parlement voudrait entériner ainsi l’idée d’un bilan positif qui appellerait un troisième mandat qui nierait le constat d’échec que font quotidiennement les Algériens. Au lendemain de la commémoration du 1er Novembre, il est nécessaire de rappeler que même le colonialisme et ses «béni oui oui» n’ont pu contenir les aspirations au changement radical. La mobilisation des forces démocratiques et de progrès, des citoyennes et des citoyens, permettra de déjouer l’odieux chantage auquel le pouvoir soumet le pays.
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