|
Après le mandat à vie, bientôt un nouvel amendement à la
Constitution déjà amendée mercredi dernier. Il introduira
un article portant sur l’obligation du…
…Baisemain !
21. Ecrivez-le comme vous voulez. Parvenez à ce chiffre comme il vous chante.
Vingt plus un. Vingtdeux moins un. Dix plus onze. Qu’importe ! L’essentiel étant
d’arriver à ce nombre : 21. Jusque-là, ce chiffre de 21 ne vous disait peut-être
rien de particulier, ne vous faisait pas «percuter» pour reprendre une
expression à la mode en ce moment. Désormais, ce 21 va vous parler, doit vous
parler. A l’heure où dire NON à un ami qui vous propose de prendre un café peut
vous mener devant le peloton d’exécution pour tentative de coup d’Etat, à
l’heure où dire NON à un rab de purée à midi peut vous placer sous les foudres
foudroyantes de la famille révolutionnaire, à l’heure où dire NON à une sortie
entre amis peut vous faire traduire en justice pour atteinte à un symbole sacré,
à cette heure où le fait de bouger sa tête autrement que de bas en haut et de
haut en bas peut vous la faire couper, à cette heure où le recours au mouvement
horizontal de vos vertèbres cervicales peut vous faire lapider sur la place
publique, à cette heure-là, 21 députés, 21 m’zelfin, 21 m’zvingyin, 21 pris de
la tête, 21 moudjahidine de la cause démocratique ont osé dire NON ! Même si ces
21 ont vu leurs bras propres masqués par une forêt de bras voraces, de «bras à
dents», de «bras à canines», de «bras Dracula», il reste ces 21. La preuve par
21 qu’une femme, qu’un homme peuvent se lever dans la masse hideuse des rampants
et dire NON ! Non, je veux rester debout. Je ne ramperais pas. Je ne me
coucherais pas. Je ne cirerais pas les pompes et le reste. Je ne louerais pas ma
dignité en viagère. Je n’abdiquerais pas devant la dictature annoncée. En soi,
c’est une réponse formidablement cinglante à ceux qui vous rétorquent, entre
deux OUI expédiés, «mais si ce n’est pas lui, qui alors ?» Y a ! Y a qui,
monsieur. Kayen Enn’ssa ou kayen Err’djel ! Basta de cette «pénurie» de
dirigeants dans laquelle on veut nous enfermer. NON ! Mille fois non ! Ce pays a
ses enfants. Ce pays n’a pas enfanté que des couleuvres qui se terrent
peureusement sous les pupitres de la honte. Ce pays a ses lions. Ils étaient 21
mercredi dernier à pousser leur cri, à rugir. Quoi que puissent en dire les
couleuvres, ces lions-là, F’houla ! Je fume du thé et je rester éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
|