Régions : MASCARA
Regard sur Hacine


Hacine est une ancienne commune de la wilaya de Mascara. La localité a vu le jour en 1855, et c’était quelque peu un don de l’oued El- Hammam dont elle portera le nom durant de longues années mais les choses ne sont plus ce qu’elles étaient, aléas climatiques obligent, car on avait du travail dans les vergers, l’oliveraie ou la céréaliculture.
Aujourd’hui, la population a bien sûr augmenté et la sécheresse a fait le reste. Jusqu’au début des années soixante-dix, l’on n’avait guère eu de problème d’eau et tout le village pourrait donc s’approvisionner de la source providentielle de Aïn Boualem. Elle s’est tarie depuis longtemps et les habitants souffriront durant une longue période du calvaire de déficit en AEP. La situation s’est toutefois améliorée depuis quatre ou cinq ans.
Le calvaire des camions
Les citoyens devront encore prendre leur mal en patience et probablement jusqu’à la réception finale du tronçon de l’autoroute Est-Ouest qui traverse la wilaya de Mascara. De jour comme de nuit, c’est un défilé non-stop infernal de véhicules lourds qui traversent l’artère principale de la localité venant de Froha pour se rendre sur les chantiers de l’autoroute. Bruit et poussière sont les désagréments qu’ils causent aux habitants. Il est pratiquement fermé à la circulation et c’est la raison principale qui a conduit les camions à défiler dans le village. Cet ouvrage qui a été réalisé le 2 novembre 1929 ne pouvait plus supporter tant de charge. Nous avons appris ce lundi qu’une expertise avait été effectuée aux fins de travaux de confortement de celui-ci.
La priorité dans le secteur de l’éducation
La réalisation d’un nouveau CEM semble constituer une exigence ou du moins c’est le vœu de toute une localité. L’actuel est en préfabriqué et il a 24 années d’existence. Le nombre d’élèves, lui, est de 843. Hacine en compte six dont deux à Haï Boumechta et les autres se trouvant Ouled Aïssa, Mezaoura, Mechor et la dernière au chef-lieu de commune, celle de Saf Ali. Nous avons visité quatre de ces établissements primaires et la première observation que nous faisons c’est la présence d’arbres dans les différentes cours même si quelque part celles-ci sont en quête de réhabilitation. Cela vous change, en effet, de la désolation dans la presque la totalité des nouveaux établissements qu’ils soient du primaire, moyen ou secondaire dans la wilaya de Mascara. Dans l’école de Saf Ali, ce sont toutefois trois classes qui sont fermées et apparemment inutilisées depuis longtemps. C’est l’heure du repas et les élèves se dirigent vers la cantine laquelle est dans un état décent. L’on nous fera remarquer aussi que ce qui devait servir de chambre froide a finalement été réceptionné mais sans d’équipement. Nous effectuons ensuite un détour par l’école Emir-Abdelkader. Le nombre d’élèves est impressionnant et pour cause l’établissement en compte plus de 300 et fait aussi office de cantine principale puisque 1 000 repas y sont servis avec en plus les élèves des deux écoles de Haï Benmechta. A la question de savoir comment on peut gérer une telle situation, «sans problème, nous répondra M. Betouri, un groupe de femmes s’active. Il travaille d’arrache-pied et fait tous les travaux dans le cadre du filet social». «Pour la modeste somme de 3 000 DA» nous lance l’une d’elles qui est là depuis quinze ans. La prise en charge des élèves côté restauration semble être convenable. Notre dernière étape est l’école de Mechehour, une agglomération de 433 habitants à 3 km de Hacine. Il est midi et nous ne trouvons qu’une enseignante qui s’apprête à partir ce lundi. «Nous travaillons dans de bonnes conditions mais nous tenons à signaler que nos élèves souffrent de l’absence de livres et se trouvent donc démunis», déclare-t-elle.
Habitat
A Hacine, il est surtout question d’habitat rural et le territoire de la commune a bénéficié de 130 aides dont 80 constructions ont été achevées alors qu’un quota supplémentaire a été accordé soit 30 aides. Dans le cadre de la résorption de l’habitat précaire, l’étude a été réalisée et le choix du terrain effectué pour la réalisation de 55 logements. Dans le chapitre transport scolaire l’on semble assurer tant bien que mal le transport des élèves et entre les agglomérations et le chef-lieu de commune, cela ne pose pas de problème à l’exception du lieu-dit Mezaoura, distante d’une dizaine de km. Les conditions du retour sur les lieux ayant été réunies, ce sont environ 150 citoyens qui y vivent. La wilaya a fait de la réalisation de la route une priorité et l’enveloppe financière dégagée pour ceci a permis de lancer le travaux dont l’état d’avancement est estimée à 70%. Sur le trajet Hacine- Mascara, ils étaient, avons-nous appris, 15 véhicules type J5 à effectuer des rotations et ils ne sont plus que 10 parce que les autres ne sont plus autorisés à effectuer le transport de voyageurs. Cela semble donc compliquer la situation pour ceux qui effectuent quotidiennement l’aller et retour.
Une protection contre les inondations
Une opération a été engagée et achevée pour protéger Mechehour contre les eaux pluviales. Lorsque nous nous y rendons nous longeons l’oued et l’on nous montre jusqu’où sont arrivées les eaux ce 26 octobre quand furent effectués des lâchers devenus nécessaires à partir du barrage de Bou Hanifia. Des maisons à proximité de l’oued ont été infiltrées par les eaux et l’on dut par mesure préventive procéder à des évacuations de citoyens de Haï Redouane et ceci bien avant que l’oued ne sorte de son lit. Sur la route nationale l’on prend même la décision de pratiquer des ouvertures pour atténuer la situation et faire dévier les eaux.
M. Meddeber

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