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Le verdict des médecins qui ont été dépêchés à son chevet
est formel.
Désormais, Louisa ne pourra plus dire NON !
Presque en synchronisation, au moment où députés et sénateurs rédigeaient
avec leur bras une page de la Naqba algérienne, en mer, les gardes-côtes
arraisonnaient une barque. Dedans, des harraga. Qu’y aurait-il pu avoir dedans
sinon des harraga, me direz-vous ? Sauf que dans cette barque de harraga, en
plus des « passagers » habituels, les chômeurs, les travailleurs, les
enseignants, les ingénieurs, les fonctionnaires, il y avait ce jour-là une maman
et son enfant de… quatre ans. Partout dans le monde des pays riches, quatre ans,
c’est l’âge où tes parents accrochent un beau poster de Dora ou de Bob l’Eponge
dans ta chambre, t’inscrivent à la crèche communale ou d’entreprise, te
tartinent ton pain avec du Nutella, te promettent de t’emmener au cirque si ton
dessin plaît à ta puéricultrice, se lèvent le soir pour vérifier que la fièvre
provoquée par ta dernière rhinopharyngite est retombée et prennent un tas de
photos et de films pour immortaliser leur bonheur de t’avoir. Pas ici. Pas au
pays où les adultes décident de forcer les enfants de quatre ans à prendre la
mer. Pas au pays où des mecs âgés à grosses moustaches se plient en quatre pour
que des mecs à grosses moustaches encore plus âgés finissent leurs jours et
consument notre espoir, assis, le derrière bien calé sur un trône doré. Que ce
régime de bananes congelées qui nous gouverne fasse des misères à des
trentenaires, à des quadragénaires, à des cinquantenaires, nous commencions
presque à nous y habituer. Qu’il tente par tous ses moyens diaboliques et
diabolisants de nous faire fuir de notre pays, ce n’est pas nouveau. Mais là,
que ce même régime de tyrannosaures s’en prenne aux enfants de quatre ans, c’est
lah'bal, la folie ! Ya sahbi ! Vous avez réussi la « prouesse » d’écœurer un
gosse, un mioche même pas en âge d’aller en première année du cycle primaire.
C’est à inscrire. Faut absolument la garder cette information, la graver quelque
part, la taguer sur les murs de toutes les villes et villages, la diffuser sur
la toile, créer autour un groupe de dialogue sur Facebook, l’aboyer à la face du
monde. Un régime qui contraint un chérubin à risquer sa vie dans une barque est
un régime fou. Fou au sens littéral du terme. Il ne s’agit pas d’une image, d’un
effet de style. Non ! FOU ! Lah’bal ! Bientôt, ils les prendront à la maternité,
dès la sortie du ventre de leurs mères, pour les balancer à la flotte et aux
requins. Ne riez pas ! Souvenez-vous que vous aviez déjà ri lorsqu’en 2004, ici
même, les ambitions de présidence à vie avaient été dénoncées. Vous aviez ri. Et
nous, nous nous étions juste contentés, comme aujourd’hui, de fumer du thé pour
rester éveillés à ce cauchemar qui continue.
H. L.
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