lundi 24 novembre 2008
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Actualités : LES AUTEURS DE LA DÉNONCIATION :
«Nous assumons»


Grandeur et décadence d’un secteur ayant inscrit à son actif des pages glorieuses de la lutte syndicale du mouvement ouvrier national.
Premiers avec les Gueules noires durant des dizaines d’années du siècle dernier, les cheminots algériens se sont impliqués, et ce, depuis l’avènement du rail en 1862 dans notre pays, dans toutes les actions de protestation menées face à une administration coloniale dont le seul souci était l’exploitation des richesses du pays et de sa force de travail. Ils étaient de tous les combats pour la dignité de l’ouvrier algérien durant cette difficile époque marquée pourtant par un chômage endémique qui touchait principalement les autochtones. Au-delà d’une certaine forme de solidarité exprimée par quelques camarades cheminots d’origine européenne, la fraternité, l’égalité et la liberté ne concernaient pas la main-d’œuvre locale, une main-d’œuvre corvéable et maniable à souhait par les tenants d’une colonisation féroce. L’indépendance acquise en 1962, et devant le vide laissé par le départ de l’encadrement français, les cadres nationaux qui se comptaient à l’époque sur les doigts d’une main, avec l’aide des rares ouvriers spécialisés algériens des chemins de fer, ont relevé le défi et le train n’a pas arrêté de siffler dans les différentes gares algériennes. Autres temps, autres mœurs ! Quarante-six années après, plusieurs d’entre eux reprennent le combat, notamment ceux d’Annaba qui ont refusé récemment de se soumettre à la loi de l’ordre établi. Pour, précisent-ils, sauvegarder leur outil de travail acquis grâce aux importants investissements financiers engagés par l’Etat ces dernières années. Kamel Sirine et Boubakeur Boughalem font partie du lot. Ces deux cadres sont les signataires de la lettre de dénonciation adressée au président de la République le mois d’août 2008. Preuves documentées à l’appui de leurs affirmations, ils pointent un doigt accusateur sur leur directeur régional d’Annaba, aujourd’hui relevé de ses fonctions. Selon eux, ce dernier serait à l’origine d’un préjudice de plusieurs millions de dollars commis au détriment de leur entreprise. Y sont soulignées, la passation de marchés non conformes à la réglementation et cession sous forme de ferrailles du matériel ferroviaire neuf soumis sciemment aux aléas des intempéries pour sa transformation en déchets ferreux autorisés à la vente. Pour avoir interpellé leur direction générale et les plus hautes autorités du pays sur cette grave affaire, ils ont été relevés de leurs fonctions. Outre la sanction disciplinaire (rétrogradation) qui leur a été infligée, ces deux chefs de famille, à qui a été intimé l’ordre de «laisser tomber leurs accusations », sont soumis à toutes sortes de représailles. «Qu’on nous poursuive en diffamation pour nos dires s’il s’avère que nous avons été les auteurs de dénonciations calomnieuses, nous sommes prêts à assumer», répètent-ils à qui veut bien les entendre.
Ali Bouacha

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