lundi 24 novembre 2008
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Régions : CONFLIT ENTRE LES ENTREPRENEURS ET LA WILAYA DE SKIKDA
L’UGEA appelle au dialogue


Retard dans le payement des entreprises ayant finalisé leurs travaux, obligation faite souvent à ces dernières d’achever les projets lancés hâtivement, sans qu’il y ait établissement des documents nécessaires tels l’ODS et la situation des travaux, inadaptation des études avec la réalité du terrain, prix administrés appliqués par les pouvoirs publics, plus particulièrement ceux de l’OPGI, fermeture des portes du dialogue, deux poids, deux mesures des instances nationales à travers les facilités accordées aux entreprises étrangères sont les principales préoccupations soulevées par l’UGEA.
Lors d’une conférence de presse improvisée à la hâte, jeudi dernier, à l’hôtel Essalem, ces points ont été soulevés. Comme de coutume, c’est l’éternel conflit qui revient sur la scène locale, l’union n’appréciant pas que les autorités locales déclarent que les entreprises de Skikda sont inexistantes. «Les marchés juteux sont confiés aux proches, alors que ceux lancés à la hâte sont confiés à des entrepreneurs de Skikda, et dans le cas de refus de ces derniers, on dit qu’ils sont inexistants et pas bosseurs.» C’est en ces termes que le représentant de l’UGEA de Skikda, Rabah Maâtallah, résume la situation. Le conférencier lève l’équivoque en écartant toute idée régionaliste : «Nous ne sommes pas contre la venue des entreprises hors wilaya, mais qu’elles soient seulement à caractère complémentaire. Ce n’est pas normal de confier des travaux de réfection de trottoirs ou de simples façades d’immeubles à repeindre de la cité des Allées du 20-Août à des entreprises de Mila !» Le représentant de la section enchaîne : «Pourtant, c’est une commission constituée de plusieurs parties prenantes, dont l’Union, ayant un lien très étroit avec le secteur du bâtiment qui délivre les certificats de qualification, de l’échelle 1 jusqu'à 4. Comment se fait-il que les responsables locaux nient notre présence sur terrain ?» Le deal pas encore établi entre l’administration et l’union pénalise au plus haut point l’économie locale. L’Union générale des entrepreneurs algériens est forte de 1 200 entreprises recensées sur le territoire de la wilaya. Par ailleurs, le nombre de logements dans les différentes formules, les établissements scolaires et autres infrastructures administratives et publiques, construits dans les régions reculées durant la période où le terrorisme battait son plein, est un argument souvent réitéré en guise d’implication effective des entrepreneurs locaux dans le développement local. Au sujet de la non-attribution par les autorités de wilaya des 500 logements LSP, programme 2007, l’UGEA n’est pas contre la condition sine qua non avancée par l’administration de construire des logements sociaux. «On n’est pas contre le social, on veut travailler avec l’OPGI pourvu que les portes du dialogue soient ouvertes et les prix révisés», disent en chœur les entrepreneurs. D’autre part, il est relevé que la plupart des projets en cours présente des défaillances techniques. «Il est du ressort des organismes de contrôle de veiller à ce que les normes de construction soient respectées », recommande le représentant de l’UGEA. Sur le plan national, il est tiré à boulets rouges sur le code des marchés dont certains chapitres sont en défaveur de l’essor de l’entreprise algérienne. Parmi eux, l’UGEA cite les 5% appliqués comme cautionnement de retenue de garantie et le 1% comme droit à la soumission. Des charges qui sont tardivement remboursées, souvent après une année, aux entreprises perdantes à l’issue des soumissions. Fidèle à ses principes, l’UGEA revient à la charge au sujet des entreprises étrangères. «On ne décèle aucun transfert technologique, de savoir-faire et de haute technicité dans leurs approches de travail, malgré les avantage fiscaux et parafiscaux qui leur ont été accordés. La réalité du terrain a prouvé le contraire. Un deux poids, deux mesures qui pénalise l’entreprise algérienne.»
Zaïd Zoheir

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