lundi 24 novembre 2008
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Culture : CHLEF
Cris d'alarme des artistes et chuchotements au conservatoire


Le tout nouveau musée de la cité Aroudj vient de recevoir une rallonge de sept milliards de centimes pour sa rénovation suite aux lourds dégâts subis lors des dernières émeutes d'avril 2008. Les sièges de la salle de conférences ont été tous remplacés. Les imposants vitraux sont en phase d'être complètement réparés.
Ce joyau d'architecture devrait reprendre du service dès le début de l'année 2009. Autre structure culturelle à avoir fini son lifting, c'est le beau cinéma Djamal (comme son nom l'indique). Son look très design attire l'attention. Voilà pour ce qui est du contenant. Côté contenu, c'est moins reluisant. On peut citer cette manifestation «la réplique artistique» qui a tout simplement été annulée. Ce concours devait réunir tous les jeunes peintres du territoire pour élire la meilleure œuvre nationale. A côté des problèmes liés aux logements en préfabriqué, on a le sentiment que la culture est passée à la trappe. A juste titre, les artistes de Chlef se sentent inquiets. C’est pour cela qu'ils lancent un appel de détresse à la ministre de la Culture, Khalida Toumi, lui demandant de prendre en considération cette situation et de les aider à y remédier. Une lettre a été adressée au ministère de tutelle, signée par des responsables d'associations, des musiciens, des peintres, des comédiens et des poètes. Cette missive souligne en substance : «Le secteur de la culture à Chlef est franchement sinistré, malgré tous les efforts du ministère qui a mis en œuvre tous les moyens matériels, financiers et a tracé tout un programme de manifestations à même de dynamiser la culture dans notre wilaya conformément aux instructions du président Bouteflika. Considérant que le volet culturel est une composante indissociable de l'identité d'un peuple, le vide abyssal qui règne dans ce domaine, ces derniers temps, nous interpelle à tous pour trouver les solutions idoines à même de mettre fin à ce signe indien. Notre inquiétude est causée par la prestation catastrophique de nos troupes à la semaine culturelle «Alger, capitale de la culture arabe 2007» et la peu reluisante dernière place au tableau des médailles. D'autre part, notre étonnement est grand de constater que le festival national de la marionnette, qui devait se tenir au mois de juillet, a été tout bonnement annulé alors qu'il est institutionnalisé dans notre wilaya, d'autant plus que toutes les éditions ont eu un réel succès, surtout en 2007.» L’activité culturelle s'est résumée en 2008 à huit soirées pendant les trente jours du Ramadan. «Les artistes insistent pour que les autorités culturelles du ministère s'impliquent pour mette fin à cette léthargie car les associations ne demandent qu'à activer pour se hisser au niveau des autres wilayas d'autant plus que les potentialités humaines existent.» Autre situation pour le moins navrante. Celle du conservatoire qui vient tout juste d'être mis en fonction en 2007. Les cours n'ont pas encore repris, pénalisant des enfants qui veulent apprendre les rudiments de la musique. La cause en est une coupure d'électricité suite à une ardoise copieuse que le gestionnaire n'a pu effacer au regard des moyens financiers dérisoires dont il dispose. Ce conservatoire a initié beaucoup de jeunes au violon, à la guitare, au piano, au synthétiseur et même à la danse classique. Cette école a eu comme responsable un scénographe compétent en la personne de Habel Boukhari qui a monté un opéra L'Algérie avant tout, un spectacle de bonne facture. Notons au passage que cet artiste a été le costumier du film Ben Boulaïdde Ahmed Rachedi.
Un remède de cheval s'impose pour remettre sur pied la culture

Autre actualité culturelle, la Chambre d'artisanat et des métiers vient de tenir son deuxième festival. On a vu surtout de la vannerie et des robes de femmes très peu locales puisque la tenue fergani domine. Seul plat exposé, typique de la région, le berouil ou hamoum, du couscous fermenté et noirâtre que l'on ne consomme plus de nos jours, à cause de sa forte odeur. Les responsables de l'artisanat travaillent dans un local exigu et demandent plus d'espace.
Medjdoub Ali

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