A l'emplacement de l’université d’Alger de la rue Michelet (Didouche-Mourad), il y avait un terrain appelé «le Champ des navets» qui servait de lieu de bivouac pour les troupes de passage. A partir de 1887, les écoles d’Alger, qui deviendront la future université, se transformèrent en un lieu de savoir. D’abord Institut de recherches pour l’exploitation scientifique de
l’Algérie, l’université dispensait les diplômes de toutes les
universités françaises à plus de 5 000 étudiants.
Le Tunnel des facultés
Percé sous la faculté en 1948, ce tunnel appelé aussi «le Trou des
facs» mesure 118 m de long et 18 m de large. Il était aussi bien
emprunté par les véhicules que par les trolleybus et les piétons. Un
autre passage souterrain (Maurice-Audin actuellement) uniquement réservé
aux piétons et aménagé de boutiques de luxe fut inauguré en 1952. Ce
passage souterrain débouche sur quatre axes différents sur la rue
Michelet (Didouche-Mourad) et le boulevard Camille-Saint- Saëns (Mohamed
V).
La Fac centrale
Au n°2 de la rue Didouche- Mourad, le portail de la fac centrale s’ouvre
sur deux rampes d’escalier monumentales signées par Louis Dauphin et
Henri Petit. Les dédales des amphithéâtres se succèdent jusqu’au jardin
botanique en patio, œuvre de l’architecte suisse Jean-Jacques Deluz.
Des événements marquants
L’université d’Alger a été créée en 1909. La fac centrale a été le
théâtre de nombreux soulèvements estudiantins. Le 19 mai 1956, les
étudiants algériens de l’Union générale des étudiants musulmans
d’Algérie (Ugema) (créée à Paris en avril 1955 par les étudiants
algériens militants du FLN) appellent à une grève illimitée. D’autres
événements historiques marqueront l’histoire de la fac centrale. Lors de
la semaine des barricades en janvier 1962, Pierre Lagaillarde (député
d’Alger, président de l’Association des étudiants d’Alger et cofondateur
de l’OAS avec le général Salan, Jean-Jacques Susini et Marcel Ronda)
occupe «le périmètre du camp retranché des facultés» avec des hommes
armés. En juin 1960, l’OAS dépose une bombe au niveau de la Bibliothèque
universitaire. 40% de ses archives furent réduites en cendres. Le
bâtiment fut reconstruit en 1963 par l’architecte Georgette Cottin.
La Brasserie des facultés
Elle se situe juste en face de la fac centrale. Durant les années
1960 et 70, elle rassembla de nombreux écrivains, artistes, militants de
tous bords, réfugiés sud-américains, avocats des droits de l’homme, les
Black Panters…
SabrinaL
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