La banque Paribas, devenue BNPParibas, a organisé en connaissance de cause le financement de ventes d'armes présumées illégales à l'Angola de 1993 à 1998 et effectué la corruption d'officiels angolais, a affirmé au procès de l'affaire un de ses anciens cadres. A la 17e audience du procès dit de «l'Angolagate», actuellement en cours, Jean-Didier Maille, un des 42 prévenus, a assuré que la corruption avait un nom de code à la banque, le «graissage». L'accusation soutient qu'il y a bien eu corruption de responsables angolais mais organisée directement par les vendeurs d'armes, non par la banque. Jean-Didier Maille cherche par ses accusations contre son ex-employeur, selon le parquet, à justifier le «graissage» dont il aurait lui-même bénéficié. Le tribunal de Paris examinait une somme de 6,4 millions de dollars versée en 1995 par Pierre Falcone, principal acteur des ventes d'armes, sur un compte ouvert au Luxembourg par Jean-Didier Maille. Ce cadre de Paribas a organisé le montage financier des ventes d'armes, par lequel le régime angolais a gagé les paiements sur de futures recettes pétrolières. Jean- Didier Maille a assuré que son confrère de Paribas, Alain Bernard, qui travaillait aussi sur ce dossier, lui avait fait ouvrir le compte au Luxembourg. «C'était un compte de passage pour le paiement de commissions à des Angolais. (...) J'ai été un prête-nom, j'ai servi de manière instrumentale», a-t-il dit. A l'audience, le procureur a souligné que les vendeurs d'armes n'avaient aucun besoin d'intermédiaire pour payer les officiels angolais. Ceux-ci ont touché en effet directement, a montré l'enquête, 54 millions de dollars ainsi que des cadeaux en nature. Jean-Didier Maille ne serait donc pas crédible. «Des décideurs angolais, il y en avait plusieurs», a répondu ce dernier. Le président du tribunal lui a alors demandé : «Vous maintenez que tout le monde savait à Paribas ?» Il a répondu par l'affirmative. On parle de transactions de centaines de millions de dollars sur plusieurs années, a-t-il rappelé. «Que la direction générale de la banque ne soit pas au courant de telles affaires et de ses tenants et ses aboutissants, ça me paraît étonnant.» Aucun membre de la direction de BNP-Paribas n'était présent pour être entendu. A l'instruction, André Levy-Lang, ex-P-DG de Paribas, a assuré ne pas avoir été informé des ventes d'armes et estimé que la pratique de commissions versées à ses cadres à l'étranger était «inadmissible, contraire au règlement de la banque, à sa politique».
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