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Le chanteur Michael Jackson s’est converti à l’islam.
Surveillez vos gosses, yal' khawa !
Monsieur Djoudi, ministre des Finances, premier responsable des pépètes, m’a
foutu une peur bleue. Il vient de déclarer à peu près ceci : au rythme de cette
crise, et au vu de la baisse du prix du pétrole, nous pouvons tenir encore 3 ans
! Trois ans ! Trois malheureuses petites années. Quelle misère ! Une fois
l’effet de peur un peu estompé, mais pas tout à fait quand même, j’ai réagi.
D’abord en placardant trois calendriers en face de moi. Un pour chaque année à
vivre encore. J’ai accroché à chaque calendrier un gros marqueur rouge pour
barrer les jours, les uns après les autres, inexorablement, jusqu’à la date
fatidique, dans trois ans. Ensuite, j’ai ouvert un calepin neuf, et j’ai
entrepris d’y noter les choses importantes que je devais faire durant ces trois
années. Parce que, vous l’aurez compris, après, ça sera trop tard. Une main
tenant le crayon, l’autre me grattant le menton et la troisième tenant ma tasse
de thé, j’ai donc réfléchi, par ordre de priorité. Est-il important que j’aille
voter en avril prochain pour la présidentielle ? Non ! Pas vraiment. De toutes
les façons, il est ridicule d’aller élire un mec pour un mandat à vie alors que
le ministre des Finances de ce même mec nous assure que dans 3 ans, nous ne
savons pas ce que nous deviendrons. Donc, pas de vote ! Une décision qui en
implique aussitôt une autre. Si je ne vais pas voter, je n’irai pas non plus
applaudir les meetings électoraux d’un mec qui nous promet qu’il va vachement
travailler durant les cinq prochaines années, alors que nous ne serons même pas
là dans trois ans pour vérifier s’il a dit vrai ou s’il nous a menti. Pour la
troisième fois consécutive. Par contre, je vais mettre les bouchées doubles dans
l’écriture des romans que j’ai mis en chantier depuis quelques années déjà, et
que j’ai négligés, car grand fainéant devant l’Eternel. Eh oui ! Faut que
j’accouche de mes trois romans sur la dictature dans les trois prochaines
années. Afin qu’ils soient programmés pour les trois prochains salons du livre
d’Alger. A moins, bien sûr, qu’entre-temps, la ministre de la Culture, toujours
aussi généreuse et soucieuse de la vie des écrivains, ne se plie en quatre pour
m’éviter trois ans de prison. Ça sera toujours ça de pris, trois ans à vivre en
liberté conditionnelle. Ensuite, après ces trois ans, T'zaguet ou rabbi k’bir !
Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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