lundi 24 novembre 2008
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3 ans et après, T’zaguet !


Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Le chanteur Michael Jackson s’est converti à l’islam.

Surveillez vos gosses, yal' khawa !

Monsieur Djoudi, ministre des Finances, premier responsable des pépètes, m’a foutu une peur bleue. Il vient de déclarer à peu près ceci : au rythme de cette crise, et au vu de la baisse du prix du pétrole, nous pouvons tenir encore 3 ans ! Trois ans ! Trois malheureuses petites années. Quelle misère ! Une fois l’effet de peur un peu estompé, mais pas tout à fait quand même, j’ai réagi. D’abord en placardant trois calendriers en face de moi. Un pour chaque année à vivre encore. J’ai accroché à chaque calendrier un gros marqueur rouge pour barrer les jours, les uns après les autres, inexorablement, jusqu’à la date fatidique, dans trois ans. Ensuite, j’ai ouvert un calepin neuf, et j’ai entrepris d’y noter les choses importantes que je devais faire durant ces trois années. Parce que, vous l’aurez compris, après, ça sera trop tard. Une main tenant le crayon, l’autre me grattant le menton et la troisième tenant ma tasse de thé, j’ai donc réfléchi, par ordre de priorité. Est-il important que j’aille voter en avril prochain pour la présidentielle ? Non ! Pas vraiment. De toutes les façons, il est ridicule d’aller élire un mec pour un mandat à vie alors que le ministre des Finances de ce même mec nous assure que dans 3 ans, nous ne savons pas ce que nous deviendrons. Donc, pas de vote ! Une décision qui en implique aussitôt une autre. Si je ne vais pas voter, je n’irai pas non plus applaudir les meetings électoraux d’un mec qui nous promet qu’il va vachement travailler durant les cinq prochaines années, alors que nous ne serons même pas là dans trois ans pour vérifier s’il a dit vrai ou s’il nous a menti. Pour la troisième fois consécutive. Par contre, je vais mettre les bouchées doubles dans l’écriture des romans que j’ai mis en chantier depuis quelques années déjà, et que j’ai négligés, car grand fainéant devant l’Eternel. Eh oui ! Faut que j’accouche de mes trois romans sur la dictature dans les trois prochaines années. Afin qu’ils soient programmés pour les trois prochains salons du livre d’Alger. A moins, bien sûr, qu’entre-temps, la ministre de la Culture, toujours aussi généreuse et soucieuse de la vie des écrivains, ne se plie en quatre pour m’éviter trois ans de prison. Ça sera toujours ça de pris, trois ans à vivre en liberté conditionnelle. Ensuite, après ces trois ans, T'zaguet ou rabbi k’bir ! Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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