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Présidentielle 2009. Les choses se précisent. On signale déjà…
… un lièvre, une perdrix…
Les journalistes sont d’éternels grognons. Prenez un exemple pour illustrer
la chose. Ils se plaignent tout le temps que les ministres et leurs ministères
ne communiquent pas. Mais lorsqu’un ministre communique, personne ou presque n’y
fait allusion. Ce n’est pas juste ! Y a un ministre qui a communiqué ce jeudi
lors d’une émission radio de la Chaîne III. On lui a demandé des explications
sur un sujet vachement sensible, et il a donné toutes les explications
demandées. Ce ministre ne s’est d’ailleurs pas contenté de donner des réponses
aux questions que les journalistes du plateau lui posaient. Non ! Il a anticipé
sur toutes leurs questions à venir, et même sur celles qui ne venaient pas ou
que les confrères ne comptaient pas franchement faire venir. Il est allé encore
plus loin en donnant des chiffres. Des chiffres forcément officiels, puisque
c’est lui, ministre officiel d’une république officielle, qui les divulguait sur
une radio officielle. Et je trouve idiot, imbécile, forcément dommage que ces
chiffres donnés si diligemment par notre ministre, fournis sans contrainte,
servis à l’envi, présentés sur un écrin, avec des rubans et des dragées autour,
ne soient pas répercutés de façon plus large. Je veux donc réparer cette
injustice faite à un ministre communiquant et disposé à se mettre à table sans
torture. Jeudi donc, sur la Chaîne III, en fin de journée, Djamel Ould Abbès,
ministre de la Solidarité, a communiqué les chiffres suivants à propos de la
charte de réconciliation nationale et des indemnisations de terroristes : le
ministre a ainsi révélé qu’il avait reçu une enveloppe globale de… 21 milliards.
Au jour d’aujourd’hui, donc celui de jeudi, le ministre nous a informé, nous les
auditeurs attentifs, qu’il avait puisé… 9 milliards de cette enveloppe dans le
cadre indemnitaire. Et il a précisé que pour tous les tangos encore en vie,
s’étant rendus, ayant bénéficié de la loi sur la réconciliation nationale, ayant
obtenu par voie de justice leur réintégration au sein des entreprises d’où ils
avaient été exclus pour la raison que l’on sait, l’Etat, donc lui et son
ministère en l’occurrence, avait versé un peu plus de… 600 millions de dinars.
Pourquoi 600 millions de dinars et des poussières ? Parce que ces pauvres
égorgeurs d’enfants n’ont pu — forcément — cotiser à la Sécurité sociale pendant
la période au cours de laquelle ils égorgeaient. Et donc, aujourd’hui, pour la
reconstitution de leur plan de carrière en vue de leur retraite, ces cotisations
non perçues posaient problème et nos frères des montagnes risquaient de se
retrouver sans pension pendant leurs vieux et paisibles jours. Ce qui aurait été
intolérable, non ? Voilà ! J’espère que ces chiffres mal répercutés au départ,
insuffisamment médiatisés à mon goût, vous seront parvenus. Et j’espère que vous
les aurez appréciés à leur juste valeur. Je fume du thé et je reste éveillé, le
cauchemar continue.
H. L.
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