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Quel est le comble pour un candidat à la présidentielle en
campagne électorale ? C’est d’appeler à l’austérité, à la lutte
contre le gaspillage et à se serrer la ceinture à partir de…
…Ghardaïa !
L’Algérie est divisée ! Cela me coûte énormément de l’écrire, mais il faut
bien se rendre à cette évidence terrible : l’Algérie est divisée. Par président
et Premier ministre interposés, le pays vient d’avoir la preuve cinglante de ses
divisions fratricides. D’un côté, il y a Abdekka qui affirme haut et fort :
«C’est le temps des vaches maigres !» Et de l’autre, il y a H’mimed qui jure
tout aussi fort que son patron : «Le temps des vaches grasses, c’est fini !» Ces
prophéties qui fleurent bon l’étable et la ferme peuvent sembler dire la même
chose au profane, au quidam qui n’y connaît rien en vaches. Les spécialistes en
bovins, eux, vous diront que ce n’est pas la même chose. Evoquer le départ des
vaches grasses et l’arrivée des vaches maigres, ce n’est pas kif-kif ! Bien sûr,
on peut se montrer prudent, enregistrer de manière neutre un mouvement dans la
ferme tout en refusant d’entrer dans le fond du problème, de se mouiller dans
cette bataille d’écoles. C’est une attitude ! Il ne faut condamner aucune
attitude, aucune position. Mais l’on peut aussi tenter de s’initier à ce débat
d’initiés. Et poser les bonnes questions. D’abord celle-là : si la transhumance
a effectivement commencé, quel sera l’endroit, en longitudes et en latitudes, où
se rencontreront, ou plus exactement où se croiseront les vaches grasses en
partance et les vaches maigres en provenance ? Autre question tout aussi
importante : qui détient vraiment les clés des étables et s’est, du coup, arrogé
ce droit quasiment ancestral d’en ouvrir et d’en fermer les portes ? Faut-il
comprendre que dans la nomenklatura, édifice hyper-fermé, existerait depuis
toujours un poste, une fonction gardée jusque-là secrète, mais qui éclate
aujourd’hui au grand jour, pasteur pour vaches ? Des bergers des temps modernes
dont la fonction unique serait de conduire, au gré des humeurs du système, des
vaches grasses et des vaches maigres d’un point à l’autre du territoire ? Et
puis, une dernière question, qui n’est pas vraiment la dernière vu l’étendue
immense du champ verdoyant des questions concernant les bovidés : maigres ou
grasses, les vaches vont en troupeau au son de leurs cloches, accrochées au cou.
Ne serions-nous pas dans cette histoire de vaches, les bonnes cloches en
question ? Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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