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une incursion terroriste dans des débits de
boissons alcoolisées à Makouda et à Boudjima,
près de Tizi-Ouzou. Décidément, les bars sont de
plus en plus…
…mal fréquentés !
Dans la belle et harmonieuse ambiance qui règne en ce moment chez nous, dans
le climat de sérénité gluante de guimauve qui recouvre nos écrans et nos
transistors, dans l’immense beau temps qui irradie chacune de nos opulentes
régions à l’insu du plein gré des vrais services météo qui n’ont pas eu vent de
cette embellie, dans l’atmosphère de kermesse permanente qui bourre nos oreilles
de sons adoucisseurs de mœurs, dans le concert polyphonique de satisfecit
accordés par les organisations de la très grosse masse budgétivore, dans la
bourse de notre situation économique et sociale, bourse qui ouvre et clôture
invariablement en hausse frénétique, au beau milieu de tout cela et d’un tas
d’autres domaines réjouissants et jouissifs jusqu’à la nausée, voilà
qu’intervient l’oiseau de mauvais augure, le vilain petit canard, l’empêcheur de
tourner rond, le gâcheur de plaisir, l’emmerdeur homme de loi, raide comme cette
justice dont il a rêvé et qu’il nous annonce moribonde dans une interview parue
hier dans les colonnes d’ El Watan. C’est presque une anomalie de lire les
propos d’une personne qui ne vient pas louanger Abdekka, prier pour son 3e
mandat ou remercier Dieu d’avoir parachuté le Mehdi en nos terres, en l’an 99.
Nous en sommes réduits ces dernières semaines, plus qu’avant, proximité
électorale oblige, à un matraquage en règle pour la reconduction du même mécano
incapable des années durant de faire repartir la loco en panne. On ne parle que
de cela, on ne chante que cet air-là, et les «pouètes» ne déclament que ces
vers-là, ceux du 3e mandat triomphant. Ce qui rend plus saisissante encore
l’intervention de Mohand Issad. Saisissante de contraste presque violent. Comme
un électrochoc. Comme un rappel sur terre après un fixe, un shoot terrible.
L’honorable homme de loi dit «ça ne va pas dans le secteur de la justice. Ça ne
peut pas continuer comme ça. Non seulement, nous n’avançons pas, mais nous
régressons de manière vertigineuse». Et nous, qui avons entre-temps perdu le
sens des sonorités discordantes, nous regardons l’homme avec des yeux de merlan
frit. Quelle mouche a donc piqué Da Mohand pour qu’il vienne dessiner des nuages
là où les peintres du palais s’appliquent à ne badigeonner que ciel bleu et
soleil éclatant ? Allez la fanfare ! Plus fort les timbales ! Plus hautes les
cornemuses. Plus perchées les aiguës. Plus graves les graves ! Et plus stridents
les chœurs. Il faut recouvrir la voix de cet intrus, de ce malotru qui ose
annoncer le mauvais temps au pays du soleil éternel. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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