dimanche 04 janvier 2009
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MOHAND ISSAD, LA JUSTICE DE JOUR !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

une incursion terroriste dans des débits de boissons alcoolisées à Makouda et à Boudjima, près de Tizi-Ouzou. Décidément, les bars sont de plus en plus…

…mal fréquentés !

Dans la belle et harmonieuse ambiance qui règne en ce moment chez nous, dans le climat de sérénité gluante de guimauve qui recouvre nos écrans et nos transistors, dans l’immense beau temps qui irradie chacune de nos opulentes régions à l’insu du plein gré des vrais services météo qui n’ont pas eu vent de cette embellie, dans l’atmosphère de kermesse permanente qui bourre nos oreilles de sons adoucisseurs de mœurs, dans le concert polyphonique de satisfecit accordés par les organisations de la très grosse masse budgétivore, dans la bourse de notre situation économique et sociale, bourse qui ouvre et clôture invariablement en hausse frénétique, au beau milieu de tout cela et d’un tas d’autres domaines réjouissants et jouissifs jusqu’à la nausée, voilà qu’intervient l’oiseau de mauvais augure, le vilain petit canard, l’empêcheur de tourner rond, le gâcheur de plaisir, l’emmerdeur homme de loi, raide comme cette justice dont il a rêvé et qu’il nous annonce moribonde dans une interview parue hier dans les colonnes d’ El Watan. C’est presque une anomalie de lire les propos d’une personne qui ne vient pas louanger Abdekka, prier pour son 3e mandat ou remercier Dieu d’avoir parachuté le Mehdi en nos terres, en l’an 99. Nous en sommes réduits ces dernières semaines, plus qu’avant, proximité électorale oblige, à un matraquage en règle pour la reconduction du même mécano incapable des années durant de faire repartir la loco en panne. On ne parle que de cela, on ne chante que cet air-là, et les «pouètes» ne déclament que ces vers-là, ceux du 3e mandat triomphant. Ce qui rend plus saisissante encore l’intervention de Mohand Issad. Saisissante de contraste presque violent. Comme un électrochoc. Comme un rappel sur terre après un fixe, un shoot terrible. L’honorable homme de loi dit «ça ne va pas dans le secteur de la justice. Ça ne peut pas continuer comme ça. Non seulement, nous n’avançons pas, mais nous régressons de manière vertigineuse». Et nous, qui avons entre-temps perdu le sens des sonorités discordantes, nous regardons l’homme avec des yeux de merlan frit. Quelle mouche a donc piqué Da Mohand pour qu’il vienne dessiner des nuages là où les peintres du palais s’appliquent à ne badigeonner que ciel bleu et soleil éclatant ? Allez la fanfare ! Plus fort les timbales ! Plus hautes les cornemuses. Plus perchées les aiguës. Plus graves les graves ! Et plus stridents les chœurs. Il faut recouvrir la voix de cet intrus, de ce malotru qui ose annoncer le mauvais temps au pays du soleil éternel. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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