lundi 05 janvier 2009
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En coton, le pyjama !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Pourquoi les Arabes tardent-ils autant à venir au secours de la Palestine ? Parce qu’il leur faut un certain temps pour… 

…délacer leurs chaussures !

Je me suis réveillé en sueur, en nage, le pyjama et les draps trempés. Un cauchemar. Pas un p’tit cauchemar. Pas un cauchemar banal, mais de ces gros cauchemars dont on souffre après s’être couché aussitôt le dîner expédié. Un bon gros cauchemar. Dans mon cauchemar, une organisation de masse, pas une p’tite organisation de masse, pas de ces organisations de masse dont le congrès tiendrait dans une cabine téléphonique, non, une bonne grosse organisation de masse faisait un truc incroyable, horrible, impensable : mon organisation de masse, je veux dire pas la mienne propre, car je n’ai pas d’organisation de masse à moi, mais plutôt celle de mon cauchemar ne… soutenait pas le 3e mandat d’Abdekka ! Vous imaginez le truc ? Vous comprenez maintenant pourquoi je me suis réveillé en sueur et en transe ? Une organisation de masse algérienne qui ne soutiendrait pas la réélection d’un chef de l’Etat ! Eh bien, dans mon cauchemar, je voyais et entendais distinctement le secrétaire général de mon organisation de masse jurer haut et fort fidélité au texte de la Constitution de 1996, faire l’apologie de l’alternance au pouvoir et de la limitation des mandats et stigmatiser l’immobilisme dont a souffert l’Algérie durant les deux précédentes mandatures. Je l’entendais également évoquer la modernité, les concepts de gouvernance novatrice et débarrassée des scories du népotisme, du régionalisme et du zaïmisme. En gros, le genre de scénario à te faire crever de trouille pendant ton sommeil, avec au bout — le comble — un rapport du médecin légiste qui conclurait à ta mort naturelle. Heureusement, mon cœur a tenu jusqu’à ce matin. Mon pyjama et mes draps beaucoup moins, mais mon cœur, lui, a passé l’épreuve de ce cauchemar. Il a même rapidement retrouvé son rythme normal. Dès la lecture des journaux. Et la confirmation que les bonnes grosses organisations de masse que compte ce pays soutiennent toutes sagement, de manière organisée et disciplinée, le 3e mandat d’Abdekka. Quelle morale tirer de cette nuit de cauchemar ? Elle est simple. Il ne faut jamais se coucher aussitôt le dîner expédié. Il faut marcher un peu. Et éviter les pyjamas en polyester. Ils ne retiennent pas la sueur. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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