|
Pourquoi les Arabes tardent-ils autant à venir au secours de
la Palestine ? Parce qu’il leur faut un certain temps pour…
…délacer leurs chaussures !
Je me suis réveillé en sueur, en nage, le pyjama et les draps trempés. Un
cauchemar. Pas un p’tit cauchemar. Pas un cauchemar banal, mais de ces gros
cauchemars dont on souffre après s’être couché aussitôt le dîner expédié. Un bon
gros cauchemar. Dans mon cauchemar, une organisation de masse, pas une p’tite
organisation de masse, pas de ces organisations de masse dont le congrès
tiendrait dans une cabine téléphonique, non, une bonne grosse organisation de
masse faisait un truc incroyable, horrible, impensable : mon organisation de
masse, je veux dire pas la mienne propre, car je n’ai pas d’organisation de
masse à moi, mais plutôt celle de mon cauchemar ne… soutenait pas le 3e mandat
d’Abdekka ! Vous imaginez le truc ? Vous comprenez maintenant pourquoi je me
suis réveillé en sueur et en transe ? Une organisation de masse algérienne qui
ne soutiendrait pas la réélection d’un chef de l’Etat ! Eh bien, dans mon
cauchemar, je voyais et entendais distinctement le secrétaire général de mon
organisation de masse jurer haut et fort fidélité au texte de la Constitution de
1996, faire l’apologie de l’alternance au pouvoir et de la limitation des
mandats et stigmatiser l’immobilisme dont a souffert l’Algérie durant les deux
précédentes mandatures. Je l’entendais également évoquer la modernité, les
concepts de gouvernance novatrice et débarrassée des scories du népotisme, du
régionalisme et du zaïmisme. En gros, le genre de scénario à te faire crever de
trouille pendant ton sommeil, avec au bout — le comble — un rapport du médecin
légiste qui conclurait à ta mort naturelle. Heureusement, mon cœur a tenu
jusqu’à ce matin. Mon pyjama et mes draps beaucoup moins, mais mon cœur, lui, a
passé l’épreuve de ce cauchemar. Il a même rapidement retrouvé son rythme
normal. Dès la lecture des journaux. Et la confirmation que les bonnes grosses
organisations de masse que compte ce pays soutiennent toutes sagement, de
manière organisée et disciplinée, le 3e mandat d’Abdekka. Quelle morale tirer de
cette nuit de cauchemar ? Elle est simple. Il ne faut jamais se coucher aussitôt
le dîner expédié. Il faut marcher un peu. Et éviter les pyjamas en polyester.
Ils ne retiennent pas la sueur. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar
continue.
H. L.
|