Régions : LA VOIE FERRÉE TIZI-OUZOU–OUED-AÏSSI
La longue histoire d’un petit projet


La longue histoire d’un petit projet, l’extension de la voie ferrée Tizi-Ouzou—Oued-Aïssi, d’une longueur de 14,5 km, comporte 5 ouvrages totalisant 600 ml, 3 tunnels de 1 027 ml, 4 gares dont 3 intermodales, prend fin avec la livraison attendue ces prochains jours du tronçon de 14 km lancé au milieu des années 1990, interrompu en 1998 par manque d’argent et repris en 2004.
L’histoire de ce projet dont la conception daterait de l’époque coloniale est conçue d’abord d’une planification à courte vue puis d’une très longue tergiversation des décideurs de ce pays et pour boucler la boucle, d’une étude apparemment bâclée du tracé qui a omis de signaler les nombreux obstacles qu’allait rencontrer sa réalisation. Les tentatives de déterrer le projet remontent au début des années 1980, son utilité économique et sociale était déjà soulignée par les acteurs économiques, notamment ceux opérant au niveau de la zone industrielle de Oued Aïssi, la presse en a fait l’écho à maintes reprises avant que l’on décide sous l’impulsion de Mohamed Nedir Hamimed, wali de l’époque, de lancer concrètement le projet sur le terrain. Ceux qui croyaient à sa réalisation dans les délais impartis à l’époque ne tarderont pas à déchanter quand la décision fut prise quelque part d’ arrêter le chantier juste au moment où certaines parties des gros œuvres sortaient du sol. Le manque de financement invoqué pour motiver l’injustifiable durera presque 8 ans au grand dépit des acteurs politiques et économiques locaux qui n’ont pas cessé de réclamer la reprise de l’extension, plaidant les raisons économiques et sociales attendues en aval. Au fil des années, les résultats escomptés du projet d’apparence modeste, 14 km, devenaient évidents pour tous. Son rôle dans le transport de marchandises et de voyageurs, dans le redéploiement de moyens de transport, dans la décongestion de la circulation au niveau du chef-lieu de wilaya et dans sa dépollution est illustré par des chiffres pesant lourds dans le développement de la wilaya. 8 562 véhicules de transport transitent quotidiennement par la ville de Tizi-Ouzou plusieurs fois par jour avec 60 000 voyageurs, sans compter les véhicules particuliers dont le parc s’accroît de jour en jour. Le transport ferroviaire de marchandises et de voyageurs, maintenu dans un rang dérisoire de 0,041 % comparé au transport routier, a devant lui un objectif de 2 millions de voyageurs par an dans le cadre de la réorganisation des transports, notamment au niveau du chef-lieu de wilaya et plus de 800 000 tonnes de marchandises au lieu de 3 807 actuellement. Dans le prolongement de la réorganisation des transports au niveau de la capitale du Djurdjura, il est prévu au quatre coins de la ville des nouvelles gares intermodales devant servir de relais entre les transports routiers et ferroviaires de voyageurs visant par là, à désengorger la circulation à l’intérieur de la ville. Les fourgons et taxis collectifs dont le nombre impressionnant encombre les principales artères de la ville doivent, dans cet esprit, être remplacés par une entreprise de transport urbain dont la mise en place, annoncée pour le deuxième trimestre 2008, n’a pas encore vu le jour. Si toutes les projections faites parallèlement à l’extension de la voie ferrée se concrétisaient même les véhicules des particuliers pourraient ne pas entrer en ville. Des parkings gardés sont prévus au niveau des gares intermodales autour de la ville. Rappelons que la relance, en 2004, du projet d’extension de la voie ferrée aura été marquée par de nombreux obstacles, les travaux se sont heurtés à l’opposition des propriétaires des terrains traversés par le tracé et même à celle des indus occupants de certains lieux-dits. Il aura fallu beaucoup de temps, de patience, de négociations et parfois de recours en justice et à la fermeté pour vaincre ces oppositions parfois coriaces. Il y eut également des contraintes techniques qui apparaissaient au fur et à mesure de l’ avancement des travaux. Ce sont tous ces obstacles, souvent imprévus, qui justifieraient, selon les officiels, le retard accusé pour la réception du projet plusieurs fois annoncée et toujours reportée. Il semble que la visite dans les prochains jours de Amar Tou, ministre des Transports, survient pour mettre un terme aux péripéties de ce projet et à la longue attente des opérateurs économiques et autres usagers des transports ferroviaires qui aimeraient voir la voie ferrée pénétrer vers les localités du littoral, du sud et de l’est de la wilaya. Ils attendent aussi avec impatience la modernisation de la voie reliant Thenia à Tizi annoncée pour 2010 afin de relier Alger à Tizi en 1 heure 10 minutes au lieu de 2 heures actuellement et d’alléger le trafic routier entre l’Algérois et la Kabylie.
B. T.

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