jeudi 08 janvier 2009
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Actualités : LEUR ENTREPRISE N’EST NI DISSOUTE NI ACTIVE
50 travailleurs n’ont pas perçu leur salaire depuis 10 années


Une cinquantaine de travailleurs appartenant à l’Office d’intervention et de régulation d’opérations d’aménagement sur La Casbah d’Alger (Ofirac) n’ont pas perçu leur salaire depuis une dizaine d’années. Pourtant, une décision de justice rendue en leur faveur en 2007 ordonne «le paiement par l’employeur de la somme 44 201 247, 47 DA au collectif des travailleurs ».
L’entreprise rattachée à la wilaya d’Alger n’est ni dissoute ni opérationnelle. Ses activités sont à l’arrêt depuis plusieurs années. Son siège, situé au niveau de la place des Martyrs (Dar El-Hamra) à la Basse- Casbah, est fermé depuis quelques années, alors que ses biens immobiliers ont été transférés vers d’autres sites dans la capitale. Les travailleurs, quant à eux, sont «livrés à eux-mêmes», ballottés entre le siège de la wilaya d’Alger et le département de l’intérieur. Créé au milieu des années 90 à l’époque du Gouvernorat du Grand- Alger, l’Ofirac avait pour principale mission de restaurer et de réguler les opérations d’aménagement de La Casbah d’Alger. Or, à leur grande surprise, ces derniers ont été surpris d’apprendre que leur salaire ne leur est plus assuré depuis juillet 1998. La situation dure depuis dix ans et aucune solution ne semble envisagée. «C’est un véritable calvaire que nous vivons. On ne peut plus rembourser nos frais médicaux ou encore bénéficier de nos allocations familiales. Aujourd’hui, nous avons peur pour notre retraite et pour l’avenir de nos familles. C’est une détresse au quotidien que nous vivons depuis 1998. Et pourtant, une décision de justice rendue en notre faveur par le tribunal de Bab-el-Oued ordonne le paiement de nos arriérés de salaire. Plusieurs écrits ont été adressés aux walis d’Alger successifs et au ministère de l’Intérieur mais aucune suite favorable n’a été donnée à nos doléances. Qu’on fixe définitivement notre sort. Pourquoi refuse-t-on de nous rétablir dans nos droits ?» s’est interrogé le porte-parole du collectif des travailleurs de l’Ofirac. Contacté pour plus d’informations, un responsable exerçant au niveau de la Direction de l’habitat et de l’urbanisme de la wilaya d’Alger a évité de faire le moindre commentaire sur la question. «C’est un dossier qui se trouve sur le bureau du wali », s’est-il contenté de dire. Cependant, nos tentatives de prendre attache avec le premier magistrat de la wilaya d’Alger sont restées vaines. Il est à noter que parmi la cinquantaine de travailleurs figurent des ingénieurs en génie civil, des cadres techniques chargés d’étude de génie civil, des architectes, des techniciens supérieurs en bâtiment, des administrateurs, des secrétaires de département et des femmes de ménage. Cette affaire réoccupe de nouveau le devant de l’actualité sociale, après que les représentants des travailleurs eurent décidé d’interpeller les responsables syndicaux de l’UGTA «pour le règlement de cette situation». Pour rappel, la question des arriérés de salaire devait aboutir à un règlement en septembre 2006, lorsque la Centrale syndicale et le gouvernement avaient conclu un accord pour le paiement des arriérés de salaire de 20 000 travailleurs. Cette problématique avait fait l’objet de plusieurs réunions regroupant les représentants des ministères des Participations et de la Promotion des investissements, des Finances, du Travail et de la Sécurité sociale, de l’Intérieur et des Collectivités locales ainsi que ceux de l’UGTA. Au total, ils étaient presque 30 000 travailleurs répartis à travers 465 entreprises de cinq secteurs (textiles, cuirs, bois, bâtiment et agroalimentaire) qui attendaient de percevoir leurs arriérés de salaire. Les textiles, un secteur en crise, compte à lui seul 5 000 employés relevant de 90 sociétés nationales. Les salaires impayés étaient estimés à 70 milliards de centimes, selon le responsable de la Fédération nationale des travailleurs des textiles et cuirs.
A. B.

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