dimanche 11 janvier 2009
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La peur du vide !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr

Le ministère de l’Intérieur informe les candidats à l’élection présidentielle qu’ils doivent fournir un dossier de candidature comprenant les pièces suivantes : un acte de naissance. Un certificat de nationalité algérienne. Un extrait de casier judiciaire. Et une paire de...

...grandes oreilles

Au sortir d’une réunion de l’Alliance, hier samedi, Abdelaziz Belkhadem a déclaré à propos de la prochaine élection présidentielle : «Pour nous, l’idéal serait un taux de participation de 60%.» Voilà comme je l’aime, mon empastillé ! Il va droit à l’essentiel. Il ne perd pas de temps à évoquer les candidatures éventuelles, les chances des uns et des autres, la possibilité ou non de voir de grosses pointures venir embêter la quiétude de Abdelaziz Premier ou encore le comptage des lièvres qui attendent dans le clapier. Mais non ! Mais non ! Abdelaziz, second du prénom, donne l’exacte température qui règne dans le Palais. La peur de l’abstention ! La peur panique du seul adversaire en mesure de gâcher la grande fête. Le spectre du désaveu citoyen. Le bouzenzel qui vibrionne à leurs oreilles. Parce que pour le reste, pour tout le reste, ils peuvent faire face. S’ils ont besoin de lièvres, la pondeuse à lièvres est là. S’ils ont besoin de gros calibres, l’armurerie à gros calibres est aussi là. Par contre, il est plus difficile de faire croire à une participation massive lorsque les écoles sont désertes. Même en filmant des plans serrés devant les portails, même en demandant aux quelques électeurs présents de courir comme des dératés vers l’urne, même en faisant grimper de 40% un taux de participation entre midi et quatorze heures, horaire sacré de la sieste pour tout Algérien équilibré, même en faisant voter les morts, même en faisant tout cela et plus encore, il est difficile de cacher l’abstention. Les dernières législatives sont encore là pour nous rappeler qu’un seul Algérien sur trois avait voté à cette époque pas si éloignée. Autre rappel tout aussi succulent : c’est après cette élection locale que le ministère de l’Intérieur avait lancé son fameux questionnaire aux «mauvais citoyens», leur posant cette question infamante : «Pourquoi n’avez-vous pas voté ?» On le savait donc. On le confirme aujourd’hui. Ce qui les inquiète vraiment, c’est que vous restiez chez vous le jour J. Le jour du grand jonglage. Je fume du thé et je reste éveillé, le cauchemar continue.
H. L.

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