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A Aïn Témouchent, la gendarmerie brûle 55 kg de
drogue.
Soulagés, les citoyens de la ville ont déclaré en chœur :
«Grâce au travail des gendarmes, nous…
…respirons beaucoup mieux !»
Aujourd’hui, je vais faire appel à vous. Vous allez m’aider en
participant directement à la chronique. Merci par avance de vous prêter à
cette expérience. Tout d’abord, fermez les yeux. Oui ! Oui ! Je sais ! s’en
trouvera toujours un parmi vous, le petit futé de service, qui ironisera en
persiflant que «de toutes les façons, les yeux, nous les fermons depuis
1962.» Non, vraiment, là, c’est pour de vrai ! Fermez les yeux. Ensuite,
videz votre esprit de toute pensée encombrante et des préjugés qui
pourraient fausser votre jugement. Vous êtes prêts ? Bien ! Je vais vous
lire haute voix une série de mots, d’expressions et de phrases, et ensuite,
seulement ensuite, vous me direz ce que ma lecture évoque pour vous. Ok ?
Bien Allons-y ! «La chasse est ouverte.» «Cette saison, les lièvres se font
plutôt rares.» «Je suis de la race des chasseurs.» «Jamais on ne m’obligera
à être un lièvre et à me faire tirer sans réagir.» «Les sanafir, les nains
sont de retour, comme prévu.» «Lui, comme à son habitude, se tiendra à
l’affût, ne prêtera pas attention au menu gibier, mais guettera des proies à
sa taille, et à ce moment, il bondira hors de sa tanière.» «Il ne s’agit
peut-être que de leurres destinés à détourner l’attention de l’essentiel, de
la véritable cible.» «La meute est lâchée, gare aux plus petits, aux plus
faibles, ceux qui sont isolés.» «Il ne peut y avoir qu’un roi dans cette
forêt-là, et on n’a jamais vu un lièvre prendre la place du lion.» Voilà !
J’arrête là ma lecture. Je pense avoir lu à haute et intelligible voix. Il
ne me semble pas utile de répéter. Yek ? Alors, je pose ma question : à quoi
vous font penser ces mots, ces phrases, ces expressions ? A la forêt, bien
sûr ! A la chasse, bien sûr ! Au gros gibier, bien sûr ! Aux lièvres, bien
sûr ! Aux règles qui régissent la meute et la forêt sauvage, bien sûr !
Bravo ! Vous avez parfaitement compris le sens de cette chronique. Il s’agit
d’une réflexion écologique sur les subtilités bucoliques de la chasse. Et de
quoi d’autre aurait-il pu s’agir, sinon de chasse ? Ce loisir si prisé en
Algérie. Un pays de gibiers. Et de chasseur. Je fume du thé et je reste
éveillé, le cauchemar continue.
H. L.
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