jeudi 15 janvier 2009
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L’INSOUTENABLE DIALOGUE ENTRE LE SOUTENEUR ET SES ENFANTS !

Par Hakim Laâlam  
Email : laalamh@yahoo.fr
Alors qu’ils pensaient avoir déniché le bon lièvre en la personne de Zeroual, Si Liamine vient de leur poser un joli…

…lapin !

-Papa, tu soutiens le 3e mandat d’Abdekka ?
-Non seulement je soutiens ce 3e mandat, mais en plus, je préside le comité de soutien.
-Tu soutenais déjà le 2e mandat…
-Et le 1er aussi. Pourquoi ? Ça vous pose un problème, mes enfants ?
-C’est juste qu’entre nous, on se pose des questions.
-Lesquelles ?
-Eh ben… déjà, avant 99, tu soutenais un autre président.
-Et alors ? Ce n’est pas interdit, que je sache !
-Oui, mais en fouillant bien dans les coupures de presse et en farfouillant dans les archives à la bibliothèque, on a découvert que tu soutenais celui qui précédait le précédent président.
-Dites-donc, je vous envoie en faculté pour enquêter sur mes activités de soutien ou pour que vous souteniez dans les temps vos thèses ?
-Faut pas te fâcher, papa ! C’est juste qu’à l’université, on en a un peu marre d’être appelés «les enfants du souteneur professionnel».
-Je vous interdis de…
-En plus papa, on a décortiqué toutes tes déclarations sur ces 20 dernières années, et on a remarqué un truc assez bizarre.
-Quel truc bizarre ?
-A chaque fois que tu soutiens un candidat différent, tu jures que «celui-là, c’est le bon. Qu’en dehors de lui, point de salut. Et que lui, et surtout pas un autre, symbolise ce pour quoi tu t’es toujours battu». Finalement, papa, tu te bats pour quoi ? On est un peu perdu dans toutes, batailles successives…
-Je ne sais peut-être pas pourquoi je me bats, mais par contre, je sais très bien pourquoi je ne me battrais jamais !
-Ah bon ! Et on peut savoir pourquoi tu ne te battras jamais, papa ?
-Pour que des ingrats comme vous, à qui je paie des études dans les plus prestigieuses universités européennes, gaspillent mon argent au téléphone afin de me poser des questions aussi débiles que blessantes. Raccrochez, judas sortis de mes entrailles ! Et gare à celui ou celle d’entre vous qui ratera son année. Je le rapatrie ici ! Et là, il comprendra vraiment ce que veut dire «fumer du thé pour rester éveillé à ce cauchemar qui continue».
H. L.

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